Comparé à son compatriote Rivaldo et déjà meilleur buteur du championnat portugais, le jeune brésilien Talisca a frappé les esprits dès son arrivée au Benfica, adversaire de Monaco mercredi en Ligue des champions, mais cherche encore ses marques sur la scène européenne.

L’attaquant de 20 ans, recruté cet été à son club formateur de Bahia pour 4 millions d’euros, s’est aussitôt imposé comme le principal artilleur du club lisboète, qui a perdu ses références offensives avec le départ du Paraguayen Oscar Cardozo et de l’international espagnol Rodrigo Moreno.

Anderson Souza Conceiçao, surnommé «Talisca» en raison de sa silhouette longiligne, est même en tête du classement des meilleurs buteurs du Championnat du Portugal avec six réalisations après sept journées, dont un retentissant triplé à Setubal et un doublé à Estoril.

Ce gaucher natif de Feira de Santana (Etat de Bahia) n’est pourtant pas un homme de surface, mais un milieu offensif que son entraîneur Jorge Jesus fait normalement évoluer dans le rôle de deuxième attaquant.

«Ce gamin m’a tout de suite fait penser à Rivaldo à cause de ses caractéristiques physiques et techniques», a assuré le technicien, vantant la capacité de Talisca à jouer en soutien d’un avant-centre, mais aussi en pointe, au poste de meneur de jeu ou même à celui d’ailier gauche.

Sans surprise, le N.30 des «Aigles» vient de faire ses débuts avec la sélection olympique brésilienne contre la Bolivie et les Etats-Unis.

Son coéquipier Jonas, qui a représenté le Brésil à huit reprises, prédit également un avenir brillant au jeune Talisca qui a, selon lui, «tout pour briller avec la sélection principale».

Polémique avec Mourinho

«Ses qualités sont très adaptées au football européen: il est grand, rapide et bon finisseur», a encore souligné l’ancien joueur de Valence.

Pourtant, à l’image de son club, qui a débuté sa campagne continentale avec deux défaites sans appel face au Zenit Saint-Pétersboug (2-0) et à Leverkusen (3-1), les premiers pas de Talisca en Ligue des champions ont été décevants.

Titularisé à deux reprises, il n’a joué qu’une vingtaine de minutes en première journée, sacrifié après l’exclusion du gardien Artur, et a été remplacé à la mi-temps contre Leverkusen, quand Benfica perdait déjà 2-0.

«En Ligue des champions nous n’avons pas droit à l’erreur et nous en avons commises», a reconnu le joueur aux origines modestes, qui veut garder les pieds sur terre tout en se disant «fou de bonheur» de vivre une ascension aussi fulgurante.

Talisca a d’ailleurs été à l’origine d’un échange cocasse entre Jorge Jesus et José Mourinho. L’entraîneur portugais de Chelsea a dit bien connaître le parcours du jeune Brésilien, dont il a fait l’éloge, mais son compatriote du Benfica a publiquement exprimé ses doutes et revendiqué pour lui la découverte de ce diamant brut.

Aussi flatté que gêné par cette polémique, Talisca assure rester de marbre face à l’attention que lui portent désormais les grands clubs anglais tels que Chelsea, Liverpool ou Arsenal.

Pour l’instant, c’est le Benfica qui espère voir son talent exploser dès mercredi à Monaco, afin de sauver une saison européenne très mal engagée par le finaliste battu des deux dernières éditions de l’Europa League.