POLITIQUE

Le PS liégeois s’est doté de son propre bureau d’étude

Le PS liégeois s’est doté de son propre bureau d’étude

Willy Demeyer (PS), bourgmestre de Liège et désormais député fédéral. BELGA

La fédération liégeoise du PS vient de lancer son propre bureau d’étude, qui sera chargé de mener un travail de recherche sur les questions politiques, économiques et sociales qui concernent Liège.

«Il ne s’agit pas de doubler l’institut Émile Vandervelde, mais de se doter un outil dont la tâche sera d’appuyer l’action des mandataires liégeois», a d’emblée précisé Willy Demeyer, président de la fédération liégeoise du PS, lundi lors d’une conférence de presse.

Cette instance sera chapeautée par l’ancien sénateur socialiste Hassan Bousetta, également chargé de cours à l’université de Liège. Aucun engagement ne sera réalisé, cette structure entend essentiellement travailler grâce à un réseau de mandataires possédant une expertise propre, ainsi qu’aux assistants parlementaires et à des stagiaires.

«Nous avons vocation à produire des analyses qui seront à la jonction entre expertise politique et ancrage universitaire», a-t-il expliqué. «Il ne s’agit pas d’un think tank, notre vocation n’est pas d’influencer l’opinion publique mais de venir appuyer les décisions politiques, d’apporter un éclairage, des notes, des textes.»

Le bureau d’étude travaillera à un rythme hebdomadaire, d’initiative ou à la demande d’un mandataire, et s’intéressera particulièrement aux dossiers qui ont un impact dans l’arrondissement liégeois.

«Comment défendre nos idées? Nous n’avons pas l’argent. Nous misons donc sur la science, le raisonnement, le savoir», a précisé Willy Demeyer. «Pour pouvoir convaincre, il faut d’abord analyser. C’est une stratégie, une tactique.»

Selon Hassan Bousetta, d’autres fédérations avaient envisagé de fonder leur propre bureau d’étude mais aucune ne l’avait encore concrétisé.

La première analyse a porté sur l’accord de gouvernement fédéral et a abouti à une note de onze pages, qui pointe ses effets sur la Wallonie et Liège en particulier. Willy Demeyer, Frédéric Daerden, Alain Mathot et Julie Fernandez Fernandez se sont, chacun dans leurs matières de prédilection, interrogés sur les retombées possibles des futures mesures gouvernementales pour les communes.

Par exemple concernant la baisse de financement de 2% des zones de police et l’absence de refinancement des zones de secours. Les députés fédéraux ont aussi critiqué la volonté de taxer les intercommunales, «plus nombreuses en Wallonie qu’en Flandre et plus liégeoises que wallonnes», ou encore la volonté de créer un centre spatial fédéral, qui aurait pour objectif de ramener le spatial en Flandre au détriment de Liège.

Ils ont également réprouvé la volonté de revoir le financement des hôpitaux, dont la situation budgétaire est déjà souvent difficile, et dont les communes sont souvent actionnaires. Enfin, ils ont dénoncé l’absence de chiffres clairs dans l’accord de gouvernement.

Willy Demeyer a toutefois précisé que le désaccord quant à la politique menée par le MR au gouvernement fédéral ne viendrait pas entacher les relations que le PS entretient avec les libéraux au niveau local et supracommunal. «Nous en avons discuté entre fédérations, car évidemment cela engendre des frictions, mais nous avons décidé de laisser l’autonomie aux pouvoirs locaux et, à mon avis, cela ne changera rien. À Liège, Daniel Bacquelaine reste l’homme avec qui discuter des projets supralocaux.»