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Victime de la grève sauvage ? Votre patron doit vous payer

Victime de la grève sauvage ? Votre patron doit vous payer

Train à l’arrêt et travailleur en rade sur les quais. BELGA

Vous êtes un travailleur en rade sur un quai de gare suite à la grève sauvage de ce matin? Votre patron est obligé de vous payer malgré votre absence. Mais il y a des conditions.

Même si le débrayage surprise des conducteurs de trains de Charleroi sudhier lundi pouvait peut-être permettre d’avoir la puce à l’oreille, l’action similaire de leurs collègues liégeois ce matins’inscrit bien dans la définition d’une grève sauvage. Autrement dit, imprévisible.

À la gare des Guillemins et ensuite en cascade sur toute la dorsale wallonne ce sont donc des milliers de navetteurs qui sont restés à quai. Parmi eux, des travailleurs qu’attend toujours leur patron… Ce dernier devra-t-il les payer malgré leur absence?

Des solutions alternatives à trouver

«Tout est dans le caractère prévisible ou non de la grève», indique Jean-Luc Vannieuwenhuyse de la société de ressources humaines SD Worx. Dans le cas précis de ce matin – et hier également – que le travailleur soit en retard ou complètement absent, il devra donc être payé pour une journée normale de travail.

Autre élément, ajoute Thierry Evens de l’Union des Classes Moyennes: « le travailleur doit démontrer qu’il a essayé de se rendre au travail.»

Pour autant, s’il n’y parvient pas, il ne pourra pas forcément se tourner les pouces toute la journée: «Les deux parties (employeur et employé) doivent convenir d’un terrain d’entente pour que le travailleur puisse travailler en partie au moins ou prendre congé, ajoute Jean-Luc Vannieuwenhuyse. Il doit y avoir une volonté des deux parties pour trouver une solution.»

La solution dans ce cas peut être multiple:

– le travailleur a la possibilité de prendre un autre moyen de transport pour se rendre au boulot et, dans ce cas, ses heures de retard seront payées également.

- le travailleur prend congé - sans solde ou pas - mais il ne peut lui être imposé.

– le patron met à disposition un moyen de transport pour venir chercher son travailleur. Une solution surtout pratiquée pour les personnes ayant des tâches de production qui ne pouvent s’effectuer à domicile.

– le travail à domicile est d’ailleurs une solution de plus en plus préconisée par les employeurs, dit-on chez SD Worx, car elle permet d’éviter le stress, les embouteillages et de gagner du temps.

Des conditions à respecter

Ces solutions alternatives pour les travailleurs victimes d’une grève imprévisible ne s’appliquent toutefois que sous certaines conditions:

Le moyen de transport en commun que vous utilisez ce jour-là (ici le train) doit être votre moyen de transport habituel, pris depuis votre point de départ habituel et selon votre horaire habituel. Pas question, par exemple, si vous habitez Bruxelles d’expliquer à votre patron que vous logiez justement hier chez votre grand-mère liégeoise et que vous avez décidé de prendre le train alors qu’habituellement vous venez au boulot en voiture.

Votre retard ou votre absence doit être le résultat d’un événement qui vous a pris au dépourvu. C’est donc le cas ici avec un arrêt de travail surprise et aléatoire des conducteurs de trains. Ce ne serait évidemment pas le cas lorsque la grève est annoncée ou lorsqu’il s’agit d’un mouvement qui dure depuis un certain temps.

À savoir aussi: l’employeur a le droit de vérifier si vous avez effectivement mis tout en œuvre pour vous rendre au travail dans les temps, mais en tenant compte des circonstances auxquelles vous êtes confronté.