Les chiffres à la figure

EdA - Jacques Duchateau

Après les conflits de personnes, les gaffes de communication et les cafouillages au sujet de la SNCB, le gouvernement suédois a intérêt à se poser.

S’il le peut.

À son corps défendant, il faut reconnaître que l’exercice n’est pas facile. Débarquer dans un dossier sensible que celui de la SNCB et devoir défendre des chiffres (ainsi que les mesures d’économies qui les accompagnent) alors que vous n’avez pas participé aux négociations préliminaires qui ont permis de fixer ces montants, ce n’est pas une sinécure. Si cela ne ressemble pas à une séance d’avalage de couleuvres, ce n’en est pas très éloigné.

Ceci aurait dû amener la nouvelle ministre de la Mobilité à faire preuve de la plus grande prudence avant de se jeter dans la fosse aux lions de la Chambre et de lancer des milliards à la tête de l’opposition. Faire preuve de prudence, demander du temps, bref, prendre connaissance des dossiers…

Alors, 663 millions ou 2,1 milliards d’économies à la SNCB? P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non… Fournir des indications, se rétracter, avant de reconnaître que les premiers chiffres étaient exacts, tout cela fait désordre. Surtout, moins de huit jours après l’intronisation mouvementée du nouveau gouvernement et les questions portant sur l’honorabilité de certains ministres.

Mais le mal est fait. Lorsque vous avez lancé une pierre dans l’essaim, ce n’est plus si facile de calmer les abeilles. Et Jacqueline Galant l’a encore vécu à ses dépens, hier, en inaugurant le nouveau système de contrôle des trains et en ayant droit à un comité d’accueil de la CGSP sur les voies.

Amateurisme, maladresse de débutants ou volonté de trancher dans le vif, de marquer le coup en profitant de l’état de surprise? La manœuvre serait hasardeuse. Que ce soit à la SNCB ou dans les autres départements, la concertation s’annonce périlleuse. Y ajouter de l’improvisation ou de la brutalité ne fera que rendre la situation plus imprévisible et plus explosive.

Plus que tout autre, le gouvernement Michel va avoir besoin de sérénité pour travailler. Après avoir connu les vertiges du vide, la semaine dernière, les jeunes funambules de la coalition suédoise vont devoir apprendre à retrouver l’équilibre. Et à gérer.