SÉCURITÉ

Le coyote sur le marché des «dashcams»

Le coyote sur le marché des «dashcams»

En moyenne, selon Coyote, les usagers utilisent leur avertisseur «de danger» 62 minutes par jour.

L’avertisseur de radars sert désormais à tout autre chose. Prévoir les bouchons, témoigner en cas d’accident… les défis de la voiture connectée.

Les impressionnantes images de l’accident survenu sur l’E40 à la hauteur de Aalter (et visibles en abondance sur Youtube) ont mis au-devant de l’actualité le phénomène «dashcam». Opportuniste, la société Coyote intègre cette fonction de «caméra embarquée» dans son nouvel avertisseur de radars. Indispensable si le leader du marché ne veut pas se laisser distancer par ses rivaux.

Sur l’écran 4 pouces du Coyote S, la route se visualise en temps réel et en couleurs. Grâce à la réalité augmentée, les icônes d’alerte de danger s’incrustent dans le paysage qui défile. Certaines innovent, signalant par exemple les véhicules fantôme, qui roulent à contresens. Vital! Nids de poule sur la route, brouillard ou verglas peuvent aussi être notifiés par la Communauté des utilisateurs.

Même la police collabore

«93% des remontées Coyote concernent des perturbations de la circulation. C’est plus d’un million d’infos par mois», souligne Vincent Hebert, directeur général pour la Belgique. Donc… 7% seulement pour signaler les radars, fonction première du Coyote. «Depuis deux ou trois ans, le virage s’est amorcé et c’est la même chose en France», dit-il, donnant comme preuve de l’acceptation légale du système le fait que la police diffuse, elle-même, des messages d’alerte. Près de 400 depuis décembre 2013.

Autre évolution liée à la sécurité: la manipulation de l’écran tactile n’était pas des plus simples quand on est au volant. À la demande des utilisateurs, le Coyote S retrouve trois boutons, et intègre la reconnaissance vocale. Le conducteur peut ainsi «piloter» l’appareil de vive voix.

La durée des bouchons

S’il ne reçoit malheureusement pas la fonction de guidage du Coyote GPS, le boîtier «S» dispose d’un mode «carte» qui permet de visualiser les bouchons, dont la durée s’affiche 30 km avant en mode «prévisions». Un autre mode précise l’évolution et la densité du trafic en ville. L’animal devient de plus en plus subtil.

Le nouvel appareil, qui dispose d’une autonomie de 5 heures, est vendu 219€ mais le prix de l’abonnement reste, lui, inchangé: 12€ par mois dans le cadre d’une souscription d’1 an. Les mises à jour sont automatiques et la connectivité passe désormais par le 3G.

10 minutes avant le crash

Ces nouveautés qui touchent le logiciel concernent également l’application iCoyote pour les téléphones mobiles, tant sur Androïd que sur iOS. Ceux qui utilisent l’avertisseur radar sur leur smartphone (210 000 en Belgique pour 560 000 boîtiers) peuvent également bénéficier de la vue en réalité augmentée. Mais attention, ils n’auront pas l’entière fonction «dashcam», donc les 10 dernières minutes vidéo de route que l’on peut sauvegarder dans le boîtier (jusqu’à trois fois, et automatiquement en cas de choc grave). Une fonction qui peut s’avérer très utile en cas d’accident, si vous deviez justifier de votre bon droit auprès de la compagnie d’assurance (voir encadré).

«Techniquement, ce n’était pas faisable», justifie Vincent Hébert. «Mais dès qu’on a une nouveauté, on la rend désormais disponible pour toutes les plateformes .». Coyote collabore ainsi avec Volvo, Renault, Peugeot, Citroën et depuis peu Toyota pour être directement intégré dans les systèmes des constructeurs automobiles. C’est notamment une application du système partagé Mirrorlink.

Car l’avenir est, bien sûr, dans l’intégration de toutes ces fonctions au sein de la «voiture connectée». Un défi (et un marché immense), où Coyote va se frotter à des géants mondiaux que sont Google ou Apple.

La « boîte noire » de la voiture


En cas d’accident, les images prises par les dashcams, petites caméras embarquées, peuvent se révéler bien utiles. Si leur utilisation en justice est sujette à contestation, les compagnies d’assurance y sont très favorables.

Les AP vont même jusqu’à offrir une dashcam sous certaines conditions.

La Belgique ne s’est pas encore dotée d’un cadre juridique spécifique à ces caméras surtout utilisées dans les pays de l’Est. La diffusion des images sur les médias sociaux peut entrer en violation avec la loi sur la protection de la vie privée, mais filmer et conserver ces images pour un intérêt légitime n’est pas interdit.

Aux USA, où les patrouilles de police furent les premières à s’équiper, il est question de rendre la dashcam obligatoire sur les nouveaux véhicules. Les voitures de location en sont déjà pourvues au Royaume-Uni. Au Portugal et en Autriche, par contre, elles sont interdites.

La dashcam est néanmoins en passe de devenir aussi courante dans les voitures que le GPS. De plus en plus d’automobilistes s’équipent, et les distributeurs belges peinent à satisfaire la demande, explique Auto 5 qui propose déjà un système, couleur, à partir de 39,99€. Les prix varient ensuite jusqu’à 130, 170 voire 280€, en fonction des fonctions offertes: date, heure, enregistrement de la vitesse, coordonnées GPS, mesure des forces-G, etc. Certains papas les achètent même pour «surveiller» le fiston dans ses premiers kilomètres au volant.