SYRIE

Américains et Turcs à la rescousse de Kobané

Américains et Turcs à la rescousse de Kobané

Les avions de la coalitionont accru les raids sur Kobané. Ils ont frappé près de 140 fois les positions de l’EI dans et autour de la ville. AFP

Etranglés par les jihadistes, les Kurdes de Kobané sont soulagés. Les Américains leur ont livré des armes, les Turcs laisseront passer les renforts.

La pression internationale s’accentue sur les jihadistes à Kobané avec une première livraison d’armes aux Kurdes et la promesse de la Turquie de faciliter l’arrivée de combattants kurdes irakiens pour défendre la ville syrienne.

Ces nouveaux développements interviennent alors que les combattants kurdes ont réussi ces derniers jours à freiner l’avancée des jihadistes, grâce notamment à l’augmentation des raids aériens de la coalition internationale.

Pour la première fois depuis le début de l’offensive de l’EI, trois avions cargos C-130 américains ont largué à l’aube des armes, des munitions et du matériel médical, sur les positions des Unités de protection du peuple (YPG), qui contrôlent encore environ 50% de Kobané.

Les Kurdes sont soulagés. Ces armes, fournies par les autorités kurdes d’Irak, vont être «d’une grande aide», s’est félicité le porte-parole des YPG, Redur Xelil.

Ankara ne veut pas la chute de Kobané

Ces dernières semaines, les Kurdes avaient multiplié les appels à renforcer les moyens des combattants des YPG, moins nombreux et moins bien armés que ceux de l’EI qui veulent conquérir la troisième ville kurde de Syrie. Mais désormais «l’équilibre des forces peut basculer à tout moment», a estimé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

D’autant que la Turquie a surpris en annonçant qu’elle aidait «les forces des peshmergas kurdes» d’Irak «à franchir la frontière pour aller à Kobané».

Malgré les pressions de ses alliés, États-Unis en tête, le gouvernement islamo-conservateur d’Ankara a jusqu’à présent toujours refusé d’intervenir pour venir en aide aux combattants kurdes syriens. Mais, a assuré le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu, «nous n’avons jamais voulu que Kobané tombe».

Dimanche encore, le président Recep Tayyip Erdogan avait rejeté catégoriquement les appels lancés à son pays pour qu’il fournisse directement des armes aux YPG, la branche armée du Parti de l’union démocratique (PYD) qu’il accuse d’être le pendant syrien du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène depuis 1984 en Turquie une guérilla qui a fait quelque 40 000 morts.

Près de 140 frappes

Les avions de la coalition ont accru ces derniers jours les raids sur Kobané, ayant désormais frappé près de 140 fois les positions de l’EI dans et autour de la ville depuis fin septembre, selon le Centcom.

«Combinées à une résistance continue sur le terrain», ces frappes ont « tué des centaines de combattants (de l’EI) et détruit ou endommagé» de nombreux équipements de l’EI, a souligné le Centcom, soulignant toutefois que la situation restait «fragile».