LIVRE

Philippe Gildas retourne « Nulle part ailleurs »

Le présentateur publie «Nos années Nulle part ailleurs», un livre illustré conçu comme une madeleine pour les nostalgiques de l’émission culte.

La cinquième marionnette des Guignols de l’info, créée à son effigie pour pouvoir défendre ce qui s’appelait à l’époque Les arènes de l’info, les clowneries trash de Jango Edwards en plateau, le jour où il a baptisé «Les Nuls»…

Le présentateur commente une très large sélection de photos-souvenirs de ce programme qui n’avait qu’une seule règle: «Monter des choses qu’on ne trouvait nulle part ailleurs et rien de ce qu’on trouvait ailleurs. Les seules exceptions étaient un mini-journal et une météo un peu farfelue mais sérieuse sur le fond car je savais qu’il y avait deux choses indispensables pour nos potentiels téléspectateurs: savoir ce qui s’était passé dans le monde et ce qui se passerait le lendemain dans le ciel».

Sur Canal +, alors chaîne payante balbutiante «qui avait reçu comme punition l’obligation d’avoir des tranches en clair alors qu’elle était autant pour les ouvrier qui font le cinq-huit que les riches», Nulle part ailleurs devient vite paradoxalement «outil de propagande pour motiver les abonnements».

S’il dit avoir écrit ce livre «pour tous les gens qui (lui) demandent quand une telle émission reviendra à l’antenne», Philippe Gildas n’a pas l’espoir qu’un diffuseur se lance dans un concept vu nulle part ailleurs: «Avec la multiplication des chaînes, tout le monde est dans le contre-feu et plus dans la création. Ca me rappelle le Top 50. Quand je suis devenu directeur des programmes, j’ai vu arriver des managers de vedettes qui me disaient tous qu’ils représentaient le numéro 1 des ventes. J’ai découvert qu’il n’y avait aucun instrument de mesure sauf en allant voir les ventes à la Sacem, deux ans plus tard. L’une des conséquences négatives et que tout à coup, quand les succès se sont confirmés, il y a eu plein d’imitations. Cette invention m’a servi de leçon..»

Le Grand Journal? «Michel Denisot a réintroduit ce que j’avais volontairement ignoré, à commencer par la politique qu’il adore».

Pour le présentateur, aucun lien entre ces deux émissions si ce n’est une chaîne et une tranche horaire, mettant Antoine de Caunes dans une position délicate: «bloqué dans cette formule pensée par quelqu’un d’autre et face à ceux qui rêvent de le revoir déguisé alors que ce n’est plus sa fonction».

Nos années Nulle part ailleurs, Philippe Gildas, Flammarion, 29,90€