Rembrandt, la beauté de la vieillesse

Le dernier tiers de la vie de Rembrandt est artistiquement le plus grand et le plus beau. À découvrir à Londres avant Amsterdam.

Mort de sa seconde compagne et de son fils, difficultés financières, les vingt dernières années de la vie de Rembrandt – un des plus grands peintres hollandais – n’ont rien de bien agréable. Pourtant, cette dernière partie de sa vie, dès 1650 et jusqu’à sa mort en 1669, sera artistiquement la plus féconde. Le peintre s’y fait plus intimiste mais souvent à travers de grandes toiles où il aborde avec beaucoup de force mais aussi d’originalité des thèmes traditionnels.

On peut donc affirmer que l’exposition qui vient d’ouvrir ses portes à la National Gallery de Londres (Trafalgar Square), consacrée aux dernières œuvres du peintre hollandais, est un des événements artistiques de cet automne. Quelque 40 tableaux, 20 dessins et 30 gravures y sont rassemblés.

À travers les salles de l’aile Sainsbury du grand musée londonien, le visiteur est invité à découvrir les grands thèmes et les nouvelles techniques expérimentées par Rembrandt après 1650. Dès l’entrée, le décor est planté. À travers plusieurs autoportraits, on découvre comment le peintre s’est vu vieillir et a accepté de montrer combien la souffrance et les problèmes de la vie quotidienne marquent un homme.

Mais ce que prouve surtout l’exposition c’est comment dès 1650, Rembrandt se lance dans la recherche d’un style plus expressif et plus intense tout en expérimentant de nouvelles techniques pour soutenir sa créativité. Ainsi, il travaille beaucoup sur la lumière particulièrement dans ses gravures. On découvre les étapes de réalisation de pointes sèches – dont le fameux Ecce homo – ou encore le superbe travail sur la lumière de L’adoration des bergers la nuit.

Plus loin, s’affiche un Rembrandt qui n’hésite pas à s’inspirer des artistes allemands et hollandais des XVe, XVIe et XVIIe siècles pour nourrir son travail et sa créativité. De même, il va puiser dans le monde qui l’entoure, ses anomalies, ses défauts, une autre inspiration. N’hésitant pas, à contre-courant de ses contemporains, à s’éloigner de la beauté.

Même volonté de dépasser les codes dans les portraits qu’il peint durant cette période. Des scènes et portraits qui montrent également comment petit à petit Rembrandt vieillissant passe d’intenses phases de conflits intérieurs à la réconciliation et à la paix retrouvée.

«Même trois siècles et demi après sa mort, avoue Betsy Wieseman, la commissaire de l’exposition, Rembrandt continue à nous surprendre et nous fasciner. Ses inventions techniques et sa compréhension intime des émotions humaines restent très actuelles.»

L’exposition qui rassemble plusieurs prêts remarquables provenant du monde entier est visible jusqu’au 18 janvier 2015 à Londres puis, du 12 février au 17 mai au Rijksmuseum d’Amsterdam.

Il est conseillé de réserver ses entrées via internet, www.nationalgallery.org.uk

En présentant son billet Eurostar (Bruxelles-Londres en 2hjusqu’à neuf fois par jour), on a droit à deux entrées pour le prix d’une, www.eurostar.com