Theo Francken a été nommé ministre à l’Asile et l’Immigration, faut-il s’en réjouir? Certes, je ne connais pas trop le gaillard, dont on dit qu’il rêve toujours d’une Flandre indépendante, alors qu’il vient pourtant de prêter serment en jurant fidélité au Roi et à la Constitution.

Or donc, naguère, Francken aimait déclarer « qu’un pays sans immigration est une idée horrible. L’immigration doit être une expérience positive, un enrichissement. Ce n’est pas le cas pour l’instant. Je n’aurais jamais pu être militant d’un parti (il parlait du Vlaams Belang) qui prône l’enfermement immédiat des demandeurs d’asile dans des centres fermés.»

C’est assez piquant de constater que ces déclarations, on imagine la main sur le cœur, étaient antérieures à cette intention affichée par la N-VA, le parti de Francken, qui, en avril dernier, manifestait sa volonté d’augmenter la capacité des centres fermés pour étrangers en situation irrégulière. Le parti nationaliste proposait même de louer des places dans un centre fermé de Rotterdam, Et c’est encore

Théo Francken, alors député, qui avait répété ces propositions de la N-VA lors d’un débat politique sur la VRT, dans l’émission De Zevende Dag. À l’adresse de Maggie De Block, qui défendait alors son bilan en matière d’immigration, et qui se réjouissait de constater que les retours volontaires avaient augmenté de plus de 40%, Francken estimait que «la politique de retour a échoué ». «À terme, nous pouvons construire un nouveau centre fermé», avait-il ajouté. Et donc, voilà ce que compte sans doute faire le frais émoulu ministre. Qui n’en sera donc pas à une contradiction près. Oui, mais c’est aussi cela la politique.