POLITIQUE -

Di Rupo: «Je suis bien entendu candidat»

L’ex-Premier ministre socialiste Elio Di Rupo est candidat à sa propre succession, a-t-il confirmé samedi après-midi en marge des 100 ans du socialisme à Waremme.

«Après les éléments qui se sont produits, il fallait demander aux militants leur avis. Mais je suis bien entendu candidat à ma propre succession», a-t-il souligné.

Les mandataires socialistes waremmiens ont profité de l’événement pour réaffirmer leur confiance en leur président sortant. «Elio Di Rupo est notre président aujourd’hui et j’espère encore pour les années à venir», a remarqué le député provincial Robert Meureau.

«Notre attachement à votre action est plus fort que jamais. Nous vous réaffirmons notre confiance», a pour sa part insisté l’actuel bourgmestre waremmien, Jacques Chabot.

L’ancien ministre et bourgmestre Guy Coëme a quant à lui paraphrasé sa déclaration de l’après condamnation Dassault («je reviendrai», NDLR) pour lui aussi se dire confiant en l’avenir du parti et de son président. «Ensemble, Elio, nous reviendrons», a-t-il clamé, sous les ovations.

Elio Di Rupo s’est dit heureux d’être présent à Waremme pour fêter le centenaire. «Ca fait plaisir d’être en famille. Ce matin, j’ai dû accueillir d’autres et ce n’était pas le même genre», a-t-il grimacé, égratignant une nouvelle fois «le nouveau gouvernement MR-N-VA». «Nous n’aurions jamais imaginé nous retrouver dans une telle situation. Ca fait froid dans le dos. Cela dépasse tout ce qui est imaginable. Mais nous récupérerons des majorités ailleurs que là où nous les avons aujourd’hui. Nous ne les laisserons pas faire», a-t-il conclu.

Elio Di Rupo, comment expliquez-vous la longévité du socialisme à Waremme ?

C’est tout à fait formidable. Parce que vous savez pour garder le mayorat pendant cent ans, c’est que les personnalités qui ont été bourgmestres, ont été des personnalités d’exception. En politique, on ne dure pas par hasard. On dure parce que les citoyens vous respectent et vous apprécient. Et parce que vous donnez de vous-mêmes. C’était important pour moi d’être ici ce soir.

Dans quel état d’esprit êtes-vous après avoir quitté votre poste de Premier ministre?

Il est extrêmement serein. Une fonction de Premier ministre elle vous est prêtée, elle ne vous est pas donnée.  Il est normal qu’à un moment donné, on restitue cette fonction. Mon état d’esprit, c’est aussi que le gouvernement qui vient de s’installer c’est un gouvernement d’ultra-droite avec des portefeuilles extrêmement importants accordés à la N-VA. Et je ne vous cache pas que j’en suis très inquiet. Enfin, je suis rentré au parti. Nous allons avoir des élections présidentielles. Je vais demander aux militants de renouveler, s’ils veulent bien, leur confiance pour une mandature. Cela veut dire que le parti est vraiment décidé à travailler avec encore plus d’ardeur qu’il ne l’a fait jusqu’à présent. Et ça c’est formidable. Aujourd’hui, je reviens au parti avec l’expérience d’un Premier ministre et donc à la fois avec ma fibre socialiste, mais aussi avec ma connaissance de l’internationale. Globalement, je suis un homme heureux.

Willy Claes, pourquoi êtes-vous présent ce soir à Waremme ?

Je suis en quelque sorte à moitié Waremmien. La section du parti socialiste flamand de Hasselt est jumelée avec le PS de Waremme depuis la fin des années 60. C’était l’époque d’Edmond Leburton. Ce soir, je suis là aussi en tant que musicien.

L’actualité du jour, c’est aussi un gouvernement sans les socialistes. Quelle est votre analyse ?

Je ne vous cache pas que je suis très inquiet. Ce n’est pas tellement la formation d’un gouvernement sans les socialistes. Ce n’est pas la première fois. Mais cette fois-ci, c’est un gouvernement qui est inspiré idéologiquement parlant à droite avec un programme réactionnaire qui va essayer de détruire le welfare state et d’affaiblir les instruments de concertation et de défense des revenus faibles et moyens. C’est ce but idéologique qui me rend inquiet. Mais, il faut reconnaître que depuis des mois avant les élections, il y avait des signes clairs de ce qui allait se passer.

Pensez-vous que ce gouvernement va tenir sur la longueur ?

Je ne peux pas faire de pronostic. Quand un animal est blessé dans un coin, il peut montrer de drôles de réaction. Je suis d’accord de dire que c’est un gouvernement MR-N-VA. Au CD&V, on se rend compte qu’on s’est tactiquement et stratégiquement trompé. La répartition des compétences ministérielles le démontre. Ils ont payé cher le dossier Arco.