SPECTACLE

Le rêve d’Ariane et du quatuor Alfama

Le rêve d’Ariane et du quatuor Alfama

quatuoralfama.com

Raconter l’histoire du quatuor à corde aux enfants? C’est le pari d’Ariane Rousseau et du quatuor Alfama. À découvrir, en tournée wallonne.

Un jardin pour décor, des musiciens joliment habillés, une comédienne dans une robe printanière, Le rêve d’Ariane est bien un «vrai» spectacle, pas un simple concert… Un rêve qui est né, en 2011, lors du tout premier Festival Musiq’3 à Flagey. «Je connais et j’aime beaucoup ce que fait le quatuor Alfama qui rassemble des Flamands et des francophones. Nous avions envie de raconter l’histoire du quatuor à cordes aux enfants et aux familles. Ils m’ont demandé d’en être la comédienne et j’ai écrit cette histoire.» Dès la première représentation, en 2011, le succès est là. Repéré par une responsable des jeunesses musicales de France, Le rêve d’Ariane prend rapidement le chemin des routes de France faisant en cours de route quelques incursions en Belgique. «Nous avons joué à Seneffe, Belœil et Wavre, dans le cadre du Festival de Wallonie aussi. Mais c’est un spectacle qui demande une réelle infrastructure théâtrale et ne peut être monté dans une école. En France, les JM rassemblent des écoles dans des théâtres. Ici, c’est plus difficile.»

Partout où il passe, le spectacle cartonne pourtant. «Il plaît autant aux enfants qu’aux adultes. Nous avons voulu vulgariser et rester simple pour expliquer une musique qui ne l’est pourtant pas. À travers quelques beaux extraits, pas trop longs, nous racontons une histoire à travers quelques grands compositeurs.»

L’histoire se déroule donc dans un jardin où une petite fille rêve au pied d’un cerisier. Quatre musiciens lui apparaissent et la petite-fille découvre les instruments en compagnie des enfants. «Nous commençons par Haydn puis nous évoquons Mozart. Nous expliquons aux enfants qu’ils ont joué ensemble. Puis nous racontons Beethoven quand il était petit. Nous évoquons alors le sentiment dans la musique avant de découvrir Schubert, Ravel, Debussy et finalement Frédérique Devreese. Ce qui nous permet aussi de faire comprendre au public qu’il ne s’agit absolument pas d’une musique «morte» puisque des compositeurs actuels, ici en plus un Belge, continuent à écrire pour des quatuors à cordes.»

Féerique et magique, raconté comme un conte, le spectacle fait des émules. «Il y a plein d’enfants qui veulent jouer du violon après, rit Ariane Rousseau, même ma propre fille!» Et en février dernier, grâce au crowdfunding, un CD accompagné d’un livret illustré par Madeleine Tirtiaux voit le jour. «Il était vendu à la fin des séances mais a été très vite épuisé.» De quoi en tout cas intéresser une grosse maison puisque Harmonia mundi a tout simplement décidé de reprendre la production du livre/CD à plus grande échelle. Un «relancement» qui s’accompagne (enfin) d’une grande tournée belge du spectacle, désormais traduit aussi en néerlandais (voir ci-contre).

Et ce n’est sans doute pas fini. «Nous avons un second projet en route. Un récit où l’initiation à la poésie rejoindra la musique du quatuor. Mais toujours à travers une histoire, un décor et un spectacle. La création est déjà fixée au mois d’octobre 2015, à la Philharmonie Luxembourg.»

+ Harmonia mundi pour le livre-CD