Malala, la courageuse

Malala la miraculée incarne le combat pour l’éducation des filles. Elle avait suscité une vague mondiale de compassion, après avoir été grièvement blessée par les talibans. AFP

Malala était en classe comme tous les jours lorsque la nouvelle est tombée. Tout un symbole. C’est à Birmingham que la jeune Pakistanaise de 17 ans vit depuis qu’elle s’y est fait opérer en octobre 2012 après avoir reçu une balle en pleine tête au Pakistan.

Les talibans l’ont marquée à vie. Une partie de son visage reste paralysée et légèrement déformé. Ironie du sort, en voulant la tuer pour ses idées, les fous de dieu en ont fait une star.

Icône en Occident, mais honnie dans son pays par les intégristes religieux «car elle travaille contre l’islam», la bête noire des talibans enchaîne les récompenses. Malala a reçu le prix Sakharov. Elle a eu les honneurs de la tribune des Nations Unies. Elle a été reçue au palais de Buckingham. Et à 17 ans, elle devient la plus jeune nobelisée de l’histoire du prestigieux prix. Le Nobel de la Paix récompense son combat militant en faveur de l’éducation des filles et son courage exceptionnel.

C’est en 2009, à onze ans, que Malala s’est fait connaître en racontant sa vie sous le joug des talibans dans un blog publié par la BBC.

Encouragée par son père, directeur d’école et militant pacifiste, elle dénonce sans relâche l’obscurantisme et les injustices dont sont victimes les jeunes Pakistanaises comme elle.

Son vécu terrifiant a fait le tour du monde. Madonna, Angelina Jolie, Hillary Clinton ou Gordon Brown se sont pris de passion pour la jeune Pakistanaise. La médiatisation lui confère une notoriété qui, parfois, lui pèse. «Ici (en Angleterre), tout le monde me considère comme une bonne fille, qui se bat pour aller à l’école, celle sur qui on a tiré. Mais personne ne me considère simplement comme Malala, comme leur amie, comme une fille normale», avait-elle confié l’année dernière à la BBC.

Elle avait montré toute la mesure de son engagement et de sa détermination lors d’une éblouissante prestation en juillet 2013 devant l’Assemblée des jeunes de l’Onu. Elle fut ovationnée debout. «Prenons nos cahiers et nos crayons. Ce sont nos armes les plus puissantes», avait alors clamé du haut de ses 16 ans cette jeune femme hors du commun. Aujourd’hui auréolée du Nobel de la paix, c’est encore et toujours son credo, un combat qui la condamne à l’exil.