Satyarthi, le sauveur d’enfants

Kailash Satyarthi combat depuis plus de 30 ans pour sortir de l’esclavage des dizaines de milliers d’enfants en Inde. AFP

Malala partage le prix et les huit millions de couronnes suédoises (environ 873 000 euros) qui l’accompagnent avec un ingénieur de formation qui a décidé de se tourner vers le travail social en voyant la pauvreté de certains étudiants.

Dans la discrétion, Kailash Satyarthi combat depuis plus de 30 ans pour sortir de l’esclavage des dizaines de milliers d’enfants en Inde. Âgé de 60 ans, il incarne la lutte contre le travail des enfants, pratique encore largement répandue dans les usines ou à domicile comme domestique. Il raconte que sa prise de conscience s’est faite dès l’âge de 6 ans quand il a vu un garçon de son âge sur les marches à l’extérieur de l’école en train de brosser des chaussures avec son père. Voyant tant d’enfants travailler plutôt que d’aller à l’école, il a ressenti de plus en plus fortement la nécessite de s’engager pour venir à bout de ce fléau. Il a débuté son engagement en organisant des raids contre des usines et des ateliers, dans le but de libérer des familles entières contraintes de travailler pour rembourser un prêt. En 2007, il a organisé une marche de plusieurs milliers de kilomètres contre le trafic d’enfants le long de la frontière de l’Inde avec ses voisins d’Asie du sud. Fondateur d’une association qui garantit par son label des salaires équitables et l’interdiction du travail des enfants dans l’industrie du tapis, Kailash Satyarthi a aussi participé à la création de plusieurs mouvements de défense de l’enfance et de la scolarisation.

Le comité Nobel a fait valoir que son engagement avait toujours pris une forme non-violente dans «la tradition de Gandhi», lequel n’a jamais reçu le Nobel de la paix, une absence criante dans la famille des lauréats. «Je remercie le comité Nobel pour cette reconnaissance de la détresse de millions d’enfants qui souffrent», a réagi le discret lauréat indien. Lui-même est crédité d’avoir libéré environ 80 000 enfants travailleurs via Bachpan Bachao Andolan ( «Mouvement pour sauver l’enfance»), l’organisation qu’il a fondée en 1980.