Question de style

EDA - Jacques Duchateau

À ma droite un gouvernement qui a décidé de se la jouer franco de port et brut de décoffrage. Les mauvaises nouvelles, c’est tout de suite et tant pis si ça conteste.

À ma gauche, un autre gouvernement qui la joue rassurante en annonçant que les mesures prises seront sans douleur. Le premier est fédéral, le second wallon. D’un côté, ça secoue en mode viril. De l’autre, ça œuvre dans le registre du maternel. C’est caricatural, manifestation de deux options différentes entre rupture bleue et sollicitude rouge. Mais après?

Ces postures marquées sont le prélude d’une législature de cinq années, période durant laquelle les équipes de Charles Michel et de Paul Magnette vont devoir faire leurs preuves. Le futur ancien président du MR table sur ce laps de temps pour montrer qu’avec un gouvernement sans socialistes aux affaires on sera dans l’efficacité, dans le concret. Paul Magnette, lui, essayera de prouver qu’avec un peu de rigueur, on pourra mener la Wallonie de succès en succès, sans «bain de sang social». Dans les deux cas, l’objectif à atteindre ne sera pas sans obstacles. En ce qui concerne la Wallonie, on ne pourra qu’émettre des doutes sur l’efficacité des premiers dossiers mis sur la table. Certes, il y a de l’idée, mais franchement, on voit mal comment on parviendra à tenir la distance budgétaire. D’ici cinq ans, il y a des chances que des décisions plus costaudes s’imposeront.

Un des éléments centraux de ces législatures, ce sera la tenue des élections sociales. Celles-ci se dérouleront en 2016. Cela n’a l’air de rien, mais c’est crucial. Avant ces élections-là, les tensions syndicales sont toujours un peu plus vives. C’est qu’il y a cette vive concurrence entre la CSC et la FGTB, chacun de ces deux syndicats n’entend pas laisser le champ libre à l’autre. Il faut recruter des électeurs, montrer qu’on défend mieux les intérêts des travailleurs que son rival. Résultat, les esprits s’échauffent plus vite et la contestation descend plus facilement dans la rue. Cette pression-là est loin d’être négligeable et se fera sentir bien avant 2016. Annoncées d’un côté, attendues de l’autre, les mesures qui donnent de l’urticaire aux syndicats vont faire bouillir une marmite sociale dont le couvercle vacillera en fonction des coups de chaud idéologiques et des retours de flamme politiques.