Kidnappée, mariée de force puis abandonnée par son mari

Kidnappée, mariée de force puis abandonnée par son mari

Plan travaille directement dans les écoles pour que la réalité vécue par Gena ne soit plus le lot de la nouvelle génération. EdA

Gena est Éthiopienne. Son histoire illustre ce que vivent beaucoup de femmes de son pays. Gena a été kidnappée à 16 ans par un homme de 25 ans.

Son kidnappeur a versé une dot à sa famille et, peu après le mariage forcé, Gena a donné naissance à son premier enfant.

Pour des raisons financières, elle n’a pu se rendre dans un centre de santé pour accoucher. Son mari, malade, avait en effet besoin d’argent pour son traitement. Gena a donc mis son fils au monde avec l’aide d’une accoucheuse traditionnelle. Mais du fait de son jeune âge, l’accouchement a généré une fistule chez la jeune fille – conséquence par trop fréquente chez les jeunes mères, qui se traduit par une incontinence urinaire ou fécale qui stigmatise les femmes et les cloître bien souvent à la maison. Son mari a alors décidé de la quitter et l’a laissée seule avec son fils, dont elle s’occupe aujourd’hui.

Bien qu’en baisse depuis quelques années, les mariages d’enfants par kidnapping, appelés «telefa», restent une réalité en Éthiopie. Le kidnappeur, souvent aidé de complices, enlève la future mariée et, régulièrement, la viole afin qu’elle tombe enceinte. En tant que père de l’enfant, il peut alors la réclamer sienne et négocier un prix avec la famille pour légitimer le mariage. Les études menées par l’agence statistique éthiopienne en 2005 révèlent que 8% des mariages dans le pays étaient le fruit de kidnappings, les régions les plus affectées étant celles d’Oromia et du Southern Nations Nationalities and Peoples Regional State (SNNPR).