Y’a toujours du monde à Bastogne. Même et peut-être surtout le dimanche, lorsque les autres centres-villes de la province font pitié.

Bastogne, ville commerçante, ville du dimanche. Haut lieu de commémoration de la Seconde Guerre mondiale, la cité du Mardasson a aussi construit sa notoriété sur l’ouverture des commerces le jour du Seigneur, La Ville a tellement bien compris son intérêt qu’elle en fait un argument touristique pertinent dans ses folders ou même sur des panneaux placés le long des axes routiers. Une vraie marque de fabrique. Un succès jamais démenti. «De loin le meilleur jour des recettes, explique un commerçant. Du moins jusqu’il y a quelques années. Encore aujourd’hui cependant, il s’agit d’une très grosse rentrée en quelque trois heures .» Le centre commercial de Pommerloch a d’ailleurs copié la recette, ajoutant un immense toit sur tous ses magasins. Il draine à présent le public les dimanches pluvieux. Ainsi se partagent les chiffres d’affaires: à Bastogne, le dimanche quand le temps incite à la balade et à Pommerloch lorsqu’un crachin décourageant mouille les rues. D’autres villes comme Florenville, Barvaux (par le passé) connaissent aussi les avantages à retirer du commerce du dimanche. La semaine passée, Comeos, la Fédération des commerces et des services, a initié le Sunday shopday, une opération incitant les magasins à ouvrir le dimanche partout en Belgique. Comeos a essuyé une volée de bois vert tous azimuts! Les syndicats socialiste, chrétien et libéral ont appelé au boycott sur l’air de «Comment peut-on demander à des travailleurs de prester le dimanche? Ils ont le droit d’aller aux champignons ou manger un morceau de tarte chez mamy.» Plus surprenant, les commerçants indépendants, sont opposés à… 90% à une plus grande flexibilité dans les jours d’ouverture, en ce qui concerne surtout le sacro-saint dimanche. Chacun perçoit aisément l’inconfort qu’engendrerait pareil changement. Pour un résultat très aléatoire, affirment les opposants. Il est sans doute exact que les Bastognards ont pour eux cette réputation qu’ils ont entretenue durant plus de trente ans. N’empêche, courageux et visionnaires ces Bastognards!