Les carnets de Jean Schmitz : le pont du Luxembourg est refait (4 octobre)

Revivez la guerre 14-18 et la vie des Namurois durant l'occupation allemande à travers les yeux du chanoine Jean Schmitz et de ses carnets débutés le 23 août 1914.

Jean Schmitz raconte

C’est à partir de ce 23 août 1914 tragique, date de l’entrée des Allemands à Namur et à Dinant, que commence le carnet du du chanoine Jean Schmitz, secrétaire particulier de l’évêque de Namur Mgr Heylen.

Ce document inédit, qui relatera jour après jour la vie quotidienne des Namurois durant toute l’occupation, sera désormais notre fil conducteur principal pour cette série de longue haleine.

Quant aux journaux namurois, La Province de Namur disparaît, ses bureaux étant incendiés ; L’Ami de l’Ordre subsistera, mais sous contrôle allemand.

Dimanche 4 octobre 1914

Beau temps.

En montant à Moulin-à-Vent, j’ai vu affichée la proclamation suivante, qui l’est aussi dans toutes les communes de la banlieue.

Proclamation.

  1. Aucun homme qui est soumis au service militaire obligatoire de la commune de… ne doit quitter son domicile.
  2. Le Bourgmestre…. doit envoyer au Commandant jusqu’au 1er 8bre 1914, à 12 h. du matin, une liste complète et exacte de tous les hommes de l’âge de 17 ans jusqu’à 50 ans qui sont soumis au service militaire obligatoire.
  3. Celui qui ne répondra pas aux demandes ci-dessus sera fusillé et, si nécessaire, on exigera des autres membres de sa famille de porter la responsabilité.
  4. Le Bourgmestre est obligé de publier cet avis dans toutes les rues par des affiches bien visibles.

(s.) Les Commandants……. Le 29 septembre 1914   (s.) Le Bourgmestre.

 

Des affiches de ce genre mettent la panique jusque chez les Bourgmestres. Il y en a maints de la banlieue qui sont à bout. A un sergent qui réquisitionnait des couvertures, sous menace de revolver, le bourgmestre a répondu : fusillé pour fusillé, vous ne les aurez pas. Le soldat est parti sans fusiller (c’est à Floreffe).

Nous avons un grave mécompte à propos de la Collégiale de Dinant. Les Allemands ont réquisitionné tout le bois de M. Dermin, à S. Servais. Comment se procurera-t-on du bois pour la Collégiale ?

M. Max, le bourgmestre de Bruxelles, est toujours à la prison de Namur. Id. de MM. Wilmotte, Robert et Ferd. Wasseige.

Le pont du Luxembourg est refait : un tablier intermédiaire en métal, servant pour les deux lignes. C’est fait uniquement par le Génie et les Industriels allemands.

Il y a eu récemment une grave catastrophe de Chemin de fer allemand près de Vonêche : un train de soldats a versé dans le remblai.

Le canon a tonné dimanche après-midi : on l’entendait de Salzinnes fort nettement.