« On a fait du bon boulot »

Michel Dernies estime avoir fait du bon boulot, avant de quitter l’équipe Wallonie-Bruxelles. Heymans

Dans la série des pages qui se tournent, avec les nombreuses fins de carrière de plusieurs coureurs wallons (Kaisen, Amorison, Sijmens, Bertholet ou Polazzi…) ces dernières semaines, il y a celle de Michel Dernies.

On le sait, le directeur sportif ne sera plus à ce poste chez Wallonie-Bruxelles l’an prochain. Il sera donc pour la dernière fois derrière le volant dans une course wallonne, ce mardi, à Binche-Chimay-Binche.

Une épreuve qu’il connaît bien, puisqu’il s’y est imposé en 1991. «Binche, c’est toujours particulier, parce qu’il y a du monde, de l’ambiance, c’est festif et très motivant, explique-t-il. En tant que coureur, j’aimais toujours y aller. J’avais notamment un club de supporters et puis je m’étais classé deux fois 2e en débutant et en junior. Avant de terminer 3e chez les pros en 1985 et de gagner cette course.»

Comment s’était-il imposé sur les pavés, il y a 23 ans?

«Houlà, je ne sais plus !, répond-il en creusant dans ses souvenirs. Je me souviens que j’étais arrivé seul. Je pense que nous étions dans une échappée de trois ou quatre dans le final. La course était différente de maintenant, car on montait la rue des Remparts. C’était la bagarre pour l’aborder dans les premières places, afin de prendre la rigole et pas les pavés. Avec cette côte, tu ne pouvais pas avoir un sprint de cent coureurs comme c’est le cas aujourd’hui. Maintenant, au sprint, dans ce cas de figure, sur une 1.1, la place de nos coureurs est généralement entre la 8e et la 15e place.»

Quel bilan tire-t-il de ses quatre années passées chez Wallonie-Bruxelles? «Je pense qu’on a fait du bon boulot, poursuit Michel Dernies, qui fera encore cette année Paris-Bourges et Putte-Kapellen. Je suis satisfait du travail accompli. Quand tu dois monter une équipe comme ça, quasiment seul, avec des gamins de 18 – 19 ans, ce n’est pas facile. Ils sont très motivés, mais se découragent vite, aussi, quand ils voient qu’ils sont à fond et qu’ils terminent 20e. Il a fallu être patient avec eux. Bien sûr, notre première année, en 2011, avait été exceptionnelle, mais grâce à deux coureurs qui sont ensuite partis tout de suite en World Tour (Van Genechten et Bille). Aujourd’hui, nos coureurs ont 24-25 ans, on peut leur demander des trucs concrets. Par exemple, au début, ils venaient chacun à leur tour chercher des bidons. Maintenant, il y en a un qui s’en charge pour tout le monde. Ils sont plus mûrs et ont aussi plus de force.»

Quel est l’avenir, désormais, de Michel Dernies? «On verra, je vais retourner au service des sports de la Province du Brabant Wallon, j’ai aussi quelques autres pistes.»