UNIVERSITÉ -

«Nous risquons de refuser l’accès au métier à toute une promotion»

«Nous risquons de refuser l’accès au métier à toute une promotion»

(Illustration Reporters) Reporters

Le système du numerus clausus crispe les universités. Trois recteurs francophones s’allient pour demander une refonte du système. Ils se sentent enfermés par les quotas.

Depuis 1997, l’État a instauré un numerus clausus strict de numéro Inami sans lequel un médecin ne peut exercer son métier, laissant le soin aux communautés de limiter l’accès à la formation. En Fédération Wallonie-Bruxelles, tous les filtres ont été supprimés en 2008. Des numéros supplémentaires ont alors été puisés «à crédit» pour permettre aux étudiants lauréats d’exercer. Dans une carte blanche dans Le Soir de samedi, les trois doyens francophones en médecine menacent de mettre fin à ce lissage et lancent un ultimatum au gouvernement.

La réserve pour les numéros Inami de 2018 est aujourd’hui déjà entamée.

«Nous sommes contraints de limiter dès cette année le nombre d’attestations distribuées de telle sorte que les quotas soient respectés au bout de la période de lissage», lit-on dans la carte blanche. Les doyens refuseraient dès lors de délivrer le précieux sésame à 50% des médecins et 60% des dentistes qui auront pourtant réussi leurs sept années d’études.

«Sinon, dans deux ans, c’est à une promotion entière que nous devrons dire qu’ils ne reçoivent pas d’accès pour finir leur formation et exercer leur métier», explique le professeur Yvon Englert, président du collège des doyens de médecine.

Les doyens et étudiants demandent au monde politique l’arrêt de ce système et l’augmentation du nombre d’attestations.