F1

Vettel quitte Red Bull: «Une voix qui grandissait en moi»

Vettel quitte Red Bull: «Une voix qui grandissait en moi»

Vettel va aller voir ailleurs: un gros risque! AFP

C’est le premier coup de semonce d’un mercato qui s’annonce énorme en F1. Après 4 titres et une saison 2014 décevante, Sebastian Vettel va quitter Red Bull. Pour se risquer chez Ferrari? Mais alors, où ira Alonso?

L’Allemand Sebastian Vettel, quadruple champion du monde en titre, va quitter l’écurie Red Bull Racing de Formule 1 à la fin de la saison 2014, a-t-elle annoncé à la veille du Grand Prix du Japon, et Ferrari n’a pas encore annoncé son arrivée.

«Il nous en a avisés hier (vendredi) soir», a indiqué Christian Horner, le Team Principal de Red Bull Racing, dès son arrivée à Suzuka samedi matin. Puis il a clairement laissé entendre que Vettel partait chez Ferrari mais rien n’a filtré de la Scuderia, où l’Espagnol Fernando Alonso a encore deux ans de contrat.

Vettel, 27 ans, a remporté tous ses titres mondiaux chez Red Bull, de 2010 à 2013, et 38 de ses 39 victoires en F1. Il sera remplacé par le jeune Russe Daniil Kvyat, 20 ans, qui a fait ses débuts en F1 cette saison chez Toro Rosso, la filiale de Red Bull réservée aux jeunes pilotes.

Surprise

«Nous souhaitons remercier chaleureusement Sebastian pour le rôle incroyable qu’il a joué pour Red Bull depuis six ans», écrit l’écurie fondée par Dietrich Mateschitz, le magnat de la boisson énergétique, dans un communiqué. Car Vettel était à l’origine de la saga Red Bull, quand Mateschitz a décidé de dépenser sa fortune en F1 pour créer la meilleure équipe du monde.

L’annonce de Red Bull a pris tout le monde par surprise dans le paddock de Suzuka qui s’attendait d’abord, dans les prochaines heures, à l’annonce par Ferrari du départ de Fernando Alonso, après cinq saisons sans remporter le moindre titre mondial.

Dans le grand jeu de dominos déclenché samedi matin par l’annonce surprise de Red Bull, le mouvement suivant devrait être le passage d’Alonso chez McLaren-Honda, dans une écurie où il a déjà passé une saison, en 2007, aux côtés du débutant Lewis Hamilton, mais avec un nouveau partenaire moteur, le géant japonais Honda, qui va faire son retour en F1.
 

«Une voix qui a grandi en moi»


Qu'est-ce qui vous a incité à annoncer ce départ ?

Une décision comme celle-ci ne se prend pas du jour au lendemain. C'est toujours un pas important à faire quand une excellente relation arrive à son terme, après autant de temps passé ensemble, des années fantastiques. Il faut bien comprendre qu'il n'y a rien de négatif du tout. Je ne pars pas parce que je n'aime plus être ici ou parce que je n'aime plus les gens. Je n'ai rien à prouver ici, tout ce que nous avons réussi, nous l'avons réussi ensemble.

Ce départ est-il lié à vos difficultés à aller plus vite que votre nouveau coéquipier ?

Cette saison ne s'est pas déroulée comme nous le souhaitions, surtout la première moitié qui pour moi partait un peu dans tous les sens. Nous avons progressé, mais ça restera une saison difficile. Et je n'ai pas perdu espoir que les cinq dernières courses se passent bien. Vous pourriez conclure que cette année n'a pas été réussie (ndlr: zéro victoire pour Vettel, trois pour Ricciardo), et donc que c'est le bon moment pour partir, mais ce n'est pas le cas. Je ne m'enfuis pas, je pars en paix, pour entamer un nouveau projet.

C'est donc une question de motivation personnelle ?

Ce n'est pas une décision basée sur les résultats récents, c'est plus une voix à l'intérieur de moi qui a continué à grandir, et c'est un pas en avant que j'ai hâte de faire. D'une certaine façon, vous pouvez le comparer au moment, dans sa vie, où on décide de grandir et de quitter la maison. C'est de cet ordre-là, j'ai l'impression que je quitte ma famille, je dois écouter mon coeur. Il y a le désir et l'envie de créer quelque chose de nouveau, j'ai l'impression que c'est le bon moment. Finalement, c'est ça qui m'a décidé à ouvrir une nouvelle porte.

 

Ferrari fait durer le suspense


Si l’arrivée de Vettel chez Ferrari est bientôt confirmée, l’Allemand prendra un risque: Ferrari est actuellement au fond du trou, 4e du Championnat du monde des constructeurs derrière Williams, et sans véritable garantie qu’elle pourra, d’ici à deux ou trois ans, rattraper tout son retard sur Mercedes et Red Bull.

Mais Vettel pourra espérer refaire, à sa manière, ce qu’a réussi son glorieux aîné, Michael Schumacher, à la fin des années 90, quand il a remis la Scuderia en ordre de marche et a conquis cinq titres mondiaux d’affilée, de 2000 à 2004.

Deux jeunes

Au niveau inférieur, celui des prétendants au titre de champion du monde, c’est désormais sur les épaules solides du jeune Australien Daniel Ricciardo que va peser tout le poids de l’écurie quadruple championne du monde en titre, comme Vettel. Mais Ricciardo a déjà prouvé sa valeur, en remportant trois GP cette saison (Canada, Hongrie, Belgique), dès sa première saison chez Red Bull.

La première victime collatérale de ce jeu de dominos autrichiens est un Français, Jean-Éric Vergne, titulaire chez Toro Rosso depuis trois saisons. En moins d’un an, «JEV», malgré sa pointe de vitesse et son expérience, se sera fait doubler par ses deux coéquipiers, Ricciardo et Kvyat, promus tour à tour chez Red Bull pour remplacer l’Australien Mark Webber, fin 2013, et donc Vettel, fin 2014. Car tout est toujours possible en F1, quelle que soit la longueur des contrats signés.