POLITIQUE

Dans le carnet à spirale de Charles

Dans le carnet à spirale de Charles

Les libéraux, les nationalistes et les chrétiens flamands devraient bientôt planter leur drapeau «suédois» rue de la Loi. BELGA

L’aboutissement est proche. Le gouvernement fédéral est en vue. On vous parle des dernières bricoles et du cahier à spirale de Charles.

1. Le grand silence Les négociations se déroulent en coulisses depuis mercredi. Tout est devenu secret. Ce n’est plus de la discrétion. C’est de l’extrême discrétion. Il n’y a plus d’agenda. Il n’y a plus de sujet officiel de discussion.

2. La phase cruciale Le moment fatidique s’approche d’heure en heure. Tous les collaborateurs des partis ont été priés de rester prêts à servir tout le week-end. Ce dimanche, les négociateurs se retrouveraient enfin à nouveau tous ensemble. Il s’agira d’achever la discussion budgétaire. Le partage des compétences devrait aussi y être discuté même si les négociateurs n’en feront pas état au bout du compte.

3. La longue nuit Les grands accords se ficellent généralement pendant la nuit. Les heures nocturnes ont pour avantage d’être plus calmes que les journées. Les gens dorment. Les téléphones sont au repos. Les informations ne risquent pas d’être étalées «au grand jour». La négociation de nuit peut aussi être une tactique pour profiter de la fatigue mentale de l’un ou l’autre et arracher en douce un compromis.

4. Tout est dans l’«atoma» La méthode de négociation de Charles Michel tiendrait dans un cahier à la couverture bleue. Les formateurs ne se sépareraient plus depuis des semaines de leur précieux carnet à spirales dont on peut arracher les pages sans rien déchirer. Toutes les «bricoles» qui opposent les négociateurs ont été soigneusement couchées dans ces cahiers. Il faut arracher les dernières pages. Pour aboutir à un accord, on dit toujours que «tout est dans tout». Cette fois, tout est aussi dans l’atoma. Le carnet à spirales de Charles, c’est un peu sa boule de cristal.

5. Les «bricoles» Il ne reste ce week-end que des «knelpunt» à lever. Traduisez, en français, des «pierres d’achoppement». Il s’agirait de «quelques bricoles». Au rang de ces bricoles, il y en a une belle: Arco, le cauchemar et l’obsession du CD&V.

Le parti de Wouter Beke veut à tout prix une solution pour les actionnaires du bras financier du Mouvement ouvrier chrétien. Car au moment de la débâcle bancaire, en 2008, le Premier ministre Yves Leterme (CD&V), leur avait promis une garantie de 100 000 euros. Or, en juillet dernier la Commission Européenne avait jugé cette initiative illégale. Mais cette solution voulue par le CD&V coûterait quelque 750 millions.

6. Congrès de partis mercredi, photo vendredi? C’est le scénario qui court. Charles Michel irait au Palais lundi matin. Les partis tiendraient leur congrès pour approuver l’accord mercredi. Et vendredi, toute la nouvelle équipe irait prêter serment chez le roi. L’objectif est que Charles Michel, si c’est bien lui, ne soit pas obligé de courir comme un dératé entre le Palais et le Parlement. En étant en place vendredi, le gouvernement pourra se réunir une première fois avant que le nouveau Premier ministre n’aille faire sa déclaration au Parlement.