ENVIRONNEMENT

Citernes : les livreurs de mazout ne feront pas l’inventaire

La moyenne d’âge des citernes à mazout en Wallonie est de plus en plus élevée. Et forcément, leur état ne s’améliore pas, augmentant les risques de pollution.

L’idéal serait donc de pouvoir procéder au contrôle de ces citernes.

Le hic, c’est qu’il n’existe en Wallonie aucun cadastre répertoriant les citernes à mazout de moins de 3 000 litres chez les particuliers.

Mais, écrivions-nous dans notre édition de ce jeudi, l’administration wallonne chargée de la protection des sols travaille à une procédure qui permettrait de faire un tel relevé de ces citernes. Une des pistes qui a été envisagée était de confier celui-ci aux fournisseurs de mazout qui, eux, connaissent forcément ces citernes qu’ils remplissent régulièrement.

Cette piste de solution n’aboutira toutefois pas sur la table du ministre wallon de l’Environnement, Carlo Di Antonio. Car pour la fédération belge des négociants en combustibles et carburants (Brafco), il est exclu que ce rôle soit assumé par les fournisseurs.

«On a toujours dit qu’on n’était ni payé, ni habilité pour faire un tel cadastre», dit Olivier Neirynck. Le directeur technique de Brafco ajoute d’ailleurs que la législation sur la protection de la vie privée interdirait aux fournisseurs de mazout de divulguer quoi que ce soit sur leurs clients.

Alors, quid? Une piste à envisager, dit Olivier Neirynck, est celle d’une déclaration volontaire du propriétaire de la citerne. Avec comme incitant le fait de pouvoir alors bénéficier d’un fond d’assainissement pour les particuliers. À l’image du Fonds d’assainissement des sols des stations-service, alimenté par les pétroliers et les automobilistes (supplément incorporé au prix à la pompe), ce fond interviendrait en cas de pollution provoquée par une citerne déficiente. Mais, dans ce cas, il ne serait pas alimenté par les pétroliers, dit-on chez Brafco. Chez qui on estime que la réalisation du cadastre des citernes – à tout le moins l’enregistrement des déclarations – pourrait être confiée aux Communes. On doute cependant que celles-ci sautent de joie à l’idée de gérer un tel recensement…