THÉÂTRE

Philippe Caubère, presque tout seul

Philippe Caubère, presque tout seul

Endosser des dizaines de personnages en enfilade, voilà le talent de comédien de Philippe Caubère.

Comédien, auteur et metteur en scène, Philippe Caubère se démènedans deux spectacles en solo au Théâtre Jean Vilar de Louvain-la-Neuve. Du 6 au 18/10.

Philippe Caubère s’est taillé une quinzaine à son nom dans la programmation du début de saison du théâtre Jean Vilar, à Louvain-la-Neuve. L’occasion de revoir cet auteur-comédien talentueux, un peu oublié.

Vous revenez en Belgique avec deux seul-en-scène que vous jouerez en alternance. La solitude sur scène vous convient?

En fait, mon rêve est de jouer avec d’autres acteurs mais je ne suis pas parvenu à ne pas tricher. Il y a une rigueur artistique que je m’impose et que j’ai du mal à imposer aux autres. C’est comme un alpiniste qui aime mieux grimper en équipe mais qui s’aperçoit que seul, il grimpe plus vite, plus haut, et qu’il a plus de sensations. Et comme l’un des buts de la vie c’est le plaisir extrême que nous procurent les sensations… C’est la même chose dans tous les autres domaines, en amitié, en amour, etc. Je suis hyper-exigeant, sans compromis, ça doit être réussi.

Pourquoi avoir repris «La Danse du diable » que vous aviez écrit et joué avec succès il y a plus de trente ans?

Je travaillais ces dernières années sur des textes plutôt lyriques comme celui d’André Suarès, «Marsiho », que je jouerai aussi au Vilar. Mais cette «Danse du diable », c’est l’œuf d’où tout est sorti. J’ai eu envie de retrouver l’origine de mon travail, une vraie recherche du temps perdu. Et puis, honnêtement, je l’ai repris aussi pour bouffer, parce que, sur le plan commercial, c’est quelque chose dont je suis fier. Retrouver une pièce qui fut un succès, c’est la gloire du métier. Et puis enfin, je l’ai repris pour plaire aux filles.

Dans ce spectacle long de 3 heures, vous jouez votre jeunesse marseillaise et à vous seul, tous les personnages.

Ça, c’est mon truc, mon talent, même si je joue surtout ma mère. Ferdinand, mon personnage, est gamin, ado, dans sa chambre, il parle à Sartre, Malraux, De Gaulle, Johnny, et puis il danse comme Béjart, et chante des chansons contre la guerre du Vietnam… C’est l’univers des années 60 qui défile.

Vous avez 64 ans aujourd’hui. Vous voyez votre mère de la même manière qu’à trente ans?

Je n’ai plus du tout la même relation à elle avec l’âge. À 30 ans, je faisais d’elle une caricature assez féroce. À 50, j’étais déjà beaucoup plus tendre. Elle est morte à 53 ans, et je l’ai vue de plus en plus comme une femme charmante que j’aurais pu draguer, et aujourd’hui, c’est un peu comme une fille. Pourtant, les mots de la pièce ont peu changé.

Des projets?

J’en ai plein mais je ne sais pas si j’aurai le temps. J’ai très envie d’écrire un livre sur le sexe et ma génération 68. Je n’ai exploré que la jeunesse dans mes écrits, pas l’âge d’homme. Les relations entre hommes et femmes sont, actuellement, le problème essentiel… Non, en fait, ça ne s’est jamais bien passé…

Du 6 au 18 octobre au Théâtre Jean Vilar, «Marsiho » les 6, 7, 10 et 17/10, «La Danse du Diable » les 9, 11, 12, 14, 16 et 18/10. 0800/25 325 ou atjv.be