CHANSON

Camélia Jordana: «Un concert sans applaudissements»

Camélia Jordana: «Un concert sans applaudissements»

Pour cet album, la chanteuse a non seulement soigné les chansons mais aussi le visuel.

Son deuxième album «Dans la peau» est un petit bijou. Sur scène, Camélia Jordana rêve d’un concert sans applaudissements…

S’il y a bien un album à sortir du lot pour cette rentrée, c’est bien celui de Camélia Jordana. L’ex – candidate de la Nouvelle Star 2009 confirme tout le bien que l’on pensait d’elle avec un album très personnel intitulé Dans la peau, concocté avec son compère David Babin, alias Babx. Quatre ans après son premier album éponyme, la jeune femme de 22 ans a encore gagné en maturité. Et cette fois, elle ose proposer ses propres textes, avec un vrai univers où elle évoque le temps qui passe, les voyages et l’amour. Rencontre à Bruxelles – où elle réside depuis six mois – entre deux journées promo à La Rochelle et Paris.

Quel regard avez-vous sur les quatre dernières années qui se sont passées entre vos deux albums?

Je me suis beaucoup nourrie de tous les projets auxquels j’ai pu participer. J’ai la chance de me diversifier beaucoup, et de m’attaquer au cinéma, au théâtre, bientôt un opéra contemporain… Je me suis bien marrée, mais cela m’a permis aussi d’écouter plein de musique et de voyager. Du coup, j’ai plein de choses à raconter.

La Camélia Jordana de 2009 qui se présente au casting de Nouvelle Star est différente de celle d’aujourd’hui?

Je ne crois pas… J’ai mûri, c’est sûr. Et maintenant, je vieillis…

Le temps qui passe vous angoisse?

Beaucoup! Et en même temps j’adore l’idée (rires). C’est très particulier. C’est très bizarre ce concept du temps qui passe… On ne sait pas qui a décidé ça, pourquoi cela se passe comme ça et pourquoi on change physiquement… Ce sont des questions existentielles que je me pose depuis que je suis gamine.

Sur cet album, vous évoquez l’amour sous toutes ses facettes…

Oui! Cela passe de «Dans la peau» qui est une histoire joyeuse, lumineuse à la rupture, la jalousie, l’envie de meurtre…

Cet album a été réalisé par Babx, avec qui vous aviez déjà collaboré sur le premier. Une évidence?

Oui, car nous avions tourné ensemble par la suite et ses musiciens sont devenus les miens. Cela faisait quatre ans que je faisais de la musique avec eux, je ne me voyais pas travailler avec quelqu’un d’autre.

Il y a des touches de musique du monde sur cet album, notamment éthiopiennes. C’est lui l’instigateur?

Oui, mais c’est aussi un désir qui venait de moi. C’est quelque chose que j’ai découvert grâce à ma bande de copains mais aussi ma prof de chant. Elle me fait chanter des chants égyptiens, bulgares, tziganes ou corses… Du coup, j’avais envie que cela existe dans le disque. Et puis Babx a la culture éthiopienne en intraveineuse depuis des années, du coup… (rires)

Pour la première fois, on retrouve des textes que vous signez. C’est une question de confiance ou de maturité?

Les deux. Je me suis mise à écrire à la fin de la première tournée et c’était très mauvais. J’ai donc continué à travailler jusqu’à ce que je sois un petit peu contente et que j’ose le montrer à Babx qui m’a encouragée. Mais j’ai toujours adoré raconter des histoires, quel que soit le format d’ailleurs… Ce qui explique peut-être ma schizophrénie artistique.

Vous avez déjà pensé à la scène?

Oui, bien sûr. j’ai envie que ce soit vraiment un spectacle. J’ai envie d’un concert sans applaudissements entre les morceaux, comme lors d’un spectacle de danse ou une pièce de théâtre.

Comment vous allez faire?

Ah, ah… J’ai plus d’un tour dans mon sac (sourire). Il y aura des décors, des costumes. Cela va être très beau, je crois.

Camélia Jordana, Dans la peau, Sony Music. En concert au Botanique le 28 février.