Défendre le vivant

Fine observatrice des rapports amoureux et de couples (La Conversation amoureuse, Les Autres, Cherchez la femme), Alice Ferney s’aventure sur un terrain inédit avec ce nouveau roman.

Un reporter anglo-norvégien raconte comment, pendant plusieurs années, il a participé aux campagnes menées par l’association Gaia contre le carnage des animaux marins. À la tête de cette machine de guerre internationale, l’intransigeant Magnus Wallace était redouté et attaqués à la fois par les ONG «concurrentes», plus modérées mais inefficaces, et par de nombreux États gênés dans leurs tripatouillages avec la légalité. Tout en multipliant les conférences et interviews à travers le monde. Le journaliste a filmé les policiers costaricains tentant de saisir le navire suite à un affrontement avec des chasseurs de requins, le trafic des ailerons faisant vivre le pays, ou des baleiniers japonais opérant en toute impunité. Si ces scènes sont racontées avec force, l’aspect militant du roman est plus gênant. Non par son fond, on ne peut être que révolté par ces massacres d’être vivants perpétrés sans que les États ne réagissent, mais par sa forme: les harangues de Wallace, trop répétitives et démonstratives, tendent en effet à déforcer le propos initial.

Alice Ferney, «Le règne du vivant», Actes Sud, 206 p., 19 p., 19€.