Le Mondial de Paris en images

Objectif: deux litres aux cent kilomètres

L’environnement est sur tous les stands au Mondial de Paris. Mais plus dans les discours. Pragmatisme et image de marque avant tout.

Objectif: diviser par deux la consommation et les émissions de CO2 de l’automobile.?Dans un salon comme celui qui s’ouvre au public ce samedi, à Paris, il n’y a quasiment plus un stand où un constructeur ne présente pas un modèle à motorisation hybride, fonctionnant en partie à l’électricité.

Même s’il est plus facile de rentabiliser cette lourde et coûteuse technologie sur les véhicules du haut de gamme, on la retrouve à tous les échelons. De la citadine Toyota Yaris à l’hypersportif concept Asterion, présenté chez Lamborghini et inspiré par la Miura.

 

 

Une hybride à air comprimé

Côté français, on vient cette fois avec des solutions originales et pointues.?Ainsi, le groupe PSA présente l’Hybrid?Air, couplant un petit bloc essence à un moteur hydraulique. De l’azote stocké dans un réservoir est comprimé en phase de freinage, pour que l’énergie soit restituée en accélération. Bosch a déjà testé la technologie sur des utilitaires et on n’en est qu’aux phases d’expérimentation. N’empêche, monté dans les entrailles d’une 208 chez Peugeot et dans la nouvelle C4 Cactus chez Citroën, cette curieuse hybridation permet d’afficher un ronflant «2 litres aux 100 km». La consommation d’une mobylette et un objectif qui n’est plus hors de portée.

«Volt face»

Renault pensait faire fi de l’hybridation, jugée comme une simple étape, et ne jurait jusqu’ici que par les voitures électriques pures. Mais devant l’insuccès (et en attendant l’effet des incitants fiscaux annoncés par François Hollande), la marque au losange fait «volt face». Et présente un concept Écolab, berline futuriste dont la consommation se limite à 1 litre/100 km! Le secret, outre la combinaison d’un petit moteur thermique de 75 ch et d’un moteur électrique logé dans l’embrayage, c’est sa légèreté et son aérodynamisme poussé. Les mêmes recettes qui ont déjà permis à Volkswagen d’aboutir dans son projet de voiture «1 litre».

La technologie est donc là. Et elle est même appliquée aux voitures de tous les jours. Les ingénieurs, designers, responsables des trains roulants et de l’aérodynamique, les motoristes qui participent à ces projets, en font bénéficier les modèles courants. On en retrouve des bribes, par exemple, dans la VW Golf ou Passat GTE.

Mais curieusement, toutes ces évolutions majeures, bénéfiques pour l’environnement, ont été très peu mises en avant dans les discours de ce salon de Paris. Comme si elles étaient devenues banales. Évidentes. Carlos Ghosn, le PDG de Renault, n’a eu des mots que pour un autre pari: l’Espace!

L’environnement coûte cher. 100 millions d’euros par gramme de CO2 gagné, selon le patron du groupe Volkswagen. Alors il faut viser avant tout la rentabilité. Profiter du semblant de reprise économique annoncé, aux USA, dans le marché essentiel qu’est le Chine et même en Europe. Séduire les très riches avec des modèles très sportifs et puissants, comme la Mercedes AMG-GT, innovants mais beaux à l’image de la Jaguar XE. Et rassurer les classes moyennes. Chez Opel, avec la Corsa, ou chez Skoda, avec la Fabia, on a clairement fait le choix de la «continuité accessible». À prix contenus. Avec des motorisations sobres, mais classiques.