MUSIQUE

Mireille Mathieu : « J’adore qu’on m’imite »

Avec ses 185 millions d’albums vendus,Mireille Mathieu célèbre ses 50 ans de carrière avec un triple best of.

La plus célèbre des interprètes françaises a généré à elle seule plus de 185 millions de disques vendus depuis ses débuts. À l’occasion de la sortie d’un triple best-of Une vie d’amour qui célèbre ses 50 ans de carrière, celle qu’on appelle «la demoiselle d’Avignon » s’est confiée à nous.

Pour avoir encore autant de succès après 50 ans, il faut être une sacrée femme d’affaires en plus d’avoir du talent!

Il faut dire que j’étais très mauvaise élève à l’école! (rires). À treize ans et demi, je travaillais dans une manufacture d’enveloppes, et lorsque j’ai commencé à me professionnaliser dans le métier de chanteuse, j’ignorais le monde, j’ai du tout apprendre d’un coup. Après la mort brutale de mon manager Johnny Stark des années plus tard, j’ai du tout assumer derrière: les avocats, l’administration, les comptes… J’ai la chance d’avoir ma sœur qui m’aide pour tout depuis. Je suis l’aînée d’une fratrie de quatorze enfants, alors la famille chez nous, c’est quelque chose!

Votre triple best-of contient plusieurs inédits, comme le titre que vous avez vous-même écrit «Prends le temps». Vous le prenez encore?

Je fais tout pour prendre le temps, malgré le tourbillon dans lequel je me retrouve souvent! Tout d’abord, j’ai besoin de beaucoup de sommeil, je dois me tenir à une hygiène de vie très disciplinée. La plupart du temps, j’arrive plusieurs jours avant mes dates de concert dans les pays qui m’accueillent afin d’apprendre les us et coutumes des uns et des autres. Cela m’amuse beaucoup de toujours apprendre de nouvelles langues!

Vous êtes en quelque sorte la doyenne de la scène francophone. Votre avis sur celle-ci?

Je trouve vraiment dommage que de jeunes talents se sentent obligés de chanter en anglais alors que nous avons de merveilleux auteurs de langue française. La mondialisation artistique est un gâchis! Cependant, il y en a qui sortent du lot, comme Arno. Et celui pour qui j’ai une grande admiration, c’est Stromae. C’est un génie à l’état brut, sans aucun doute.

Vous avez souvent été la cible de moqueries…

J’adore qu’on m’imite! J’ai beaucoup d’humour concernant tout ça. Cela veut simplement dire que vous ne laissez pas les gens indifférents.

Si l’on vous dit «Belgique»?

Ah, je pense à Monsieur Brel. Lorsque je l’ai entendu chanter «La quête», il a dû me consoler après son concert tant je pleurais d’émotion. Ensuite, j’ai de magnifiques souvenirs à l’Ancienne Belgique, et aussi à l’hôtel Amigo, où j’ai fait quelques-unes de mes premières prestations.

Votre plus beau souvenir de chanteuse?

J’ai eu le privilège et l’honneur de chanter avec ABBA, pour le titre «Bravo tu as gagné» (The winner takes it all), rien que d’entendre leurs chœurs sur la version française, j’en ai des frissons. Pour les prochains, nous verrons bien!