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Cap 48: les mamans à l’avant-plan

Cap 48: les mamans à l’avant-plan

On constate que ce sont souvent les mamans qui prennent en charge les enfants handicapés.

La campagne Cap 48 entre dans sa dernière ligne droite. Avec un coupde projecteur important sur l’investissementdes mamans.

Dans son fauteuil spécialement aménagé, Johana sourit. Avec sa maman, Stéphanie Prévost, Johana est l’image de la campagne 2014 de Cap 48, cette opération de solidarité soutenue par la RTBF. le message: «Être maman, c’est du sport. Avec un enfant handicapé, c’est un sport extrême.» Et comme des images valent souvent bien plus que les mots, mère et fille, originaires de Waterloo en Brabant wallon, ont tourné un spot qui illustre le propos avec le réalisateur américain spécialiste de la Go Pro Mitch Bergsma, sourd et muet depuis la naissance.

Pour la maman de Johana, la décision de se mettre à l’avant-plan pour cette campagne n’a pas été simple: «J’étais un petit peu réticente au départ, car Johana est en pleine adolescence, il y a plein de choses qui se passent dans son corps et dans sa tête… Mais elle m’a dit, mais non, on fonce, moi je veux expliquer tout ce que je ressens pour le moment, parce que j’ai la faculté de pouvoir dire les choses.»

«Pas de mise en scène»

La communication avec le réalisateur s’est faite par le biais de sa maman, qui effectue la traduction en langage des signes, mais pas seulement. «Mitch communique beaucoup avec son corps et je dois dire que Johana et moi ainsi que ses deux sœurs, nous avons appris à communiquer de cette façon, en la regardant. On peut détecter ses émotions et ses désirs. Avec Mitch, on a ressenti les choses dès le début.»

Dans le spot qui est diffusé, on peut voir toutes les difficultés que rencontre Stéphanie dans la vie quotidienne, notamment en matière de transport. «Il n’y a pas de mise en scène! Monter et descendre un escalier avec Johana, je le fais tous les jours. Quand on va au cinéma, il n’y a pas d’ascenseur. Il y a un autre spot où l’on me voit la conduire ou aller la chercher à l’école: c’est une activité qui me prend une heure et demie à deux heures. Je ne peux pas dire que je pars à 15h25 pour aller la chercher et que je suis rentrée à la maison à 15h35, non…»

Stéphanie Provost ne se plaint pas. Elle est bien aidée par toute sa famille pour s’occuper de Johana. «Mais parfois, j’aimerais bien que les gens autour de moi osent plus me demander si je n’ai pas besoin d’aide. Car, au quotidien, c’est usant.»

Pour Johana, qui ne parle pas mais communique via un ordinateur qu’elle commande avec les yeux, l’expérience s’est avérée amusante. «Cela l’a vraiment intéressée, elle était très intriguée par ce monde de la télévision et de la radio. Elle a vraiment apprécié être sur le devant de la scène.»

Quant aux papas, il ne faut pas croire qu’ils sont oubliés. Ils ont d’ailleurs été au centre de la campagne de Cap 48 en 2012. Mais ce sont plus souvent les mères qui consacrent une grosse partie de leur temps à leur enfant handicapé. «C’est une réalité que nous constatons, dit Bénédicte Duval, responsable communication de CAP48. Mais nous sommes seulement en train de collecter des chiffres précis.»

Pour faire un don à Cap 48, vous pouvez soit le faire via internet (www.rtbf/cap48) soit sur le compte BE 35 000-0000037-37.