SOCIÉTÉ

Salon Europe Refresh du financement participatif: et si vous investissiez dans un projet qui vous tient vraiment à cœur?

Salon Europe Refresh du financement participatif: et si vous investissiez dans un projet qui vous tient vraiment à cœur?

Europe Refresh vous permet de vous lancer dans le financement participatif en rencontrant les créateurs de projets qui vous parlent… au propre comme au figuré. (Halles.be)

La bourse? Instable. L’immobilier? Gourmand. Et si vous investissiez dans un business qui vous tient vraiment à cœur? Faites votre marché parmi les 45 projets du 2e salon européen du financement participatif Europe Refresh.

Pas toujours facile de lancer son business. Quand il ne s’agit pas de produire un film ou un spectacle. Voire, folie, un magazine de presse écrite. Vous allez voir les banques. «Quelle garantie avez-vous?», «Vous avez de l’expérience?», «Vous avez une mise de fonds?», creusent-elles. Et vous voilà contraint d’étouffer le projet dans l’œuf. Dur.

Mais avec internet, d’autres sources de financement émergent. C’est le «crowdfunding». Littéralement: le «financement par la foule» ou, en français, «financement participatif». En gros, vous zappez les banques et construisez votre budget grâce aux dons des internautes intéressés par votre projet, qu’il consiste à embouteiller de la soupe aux légumes oubliés, tricoter des layettes équitables ou développer de l’app iPhone.

Un café, un crachat

Problème: tout ça se passe par écrans interposés. Normal, on est en 2014. Mais cette absence de contact physique peut être difficile à vivre, tant pour les porteurs de projets que pour leurs mécènes. Car pour prendre contact ou conclure une affaire, rien ne vaut une discussion autour d’un café, une poignée de main, voire un crachat gluant.

Pour éviter cet écueil, les Halles de Schaerbeek et le leader du crowdfunding KissKissBankBank reviennent pour une seconde édition de Europe Refresh, le premier salon européen du financement participatif. 45 projets y seront présentés aux investisseurs potentiels. Soit: vous! Mais pourquoi y aller? On a posé la question à Anne Closset, réalisatrice qui y est passée en 2013. Et à Martin Ringlet (futur?) restaurateur qui en sera en 2014.

+ Europe Refresh, du vendredi 3 octobre (18h) au dimanche 5 octobre aux Halles de Schaerbeek, 2€.

 

Anne l’a fait:
«Je me suis sentie plus forte»


Anne Closset, vous êtes réalisatrice depuis 14 ans. Pourquoi avoir tenté le coup du financement participatif à Europe Refresh?

Je ne trouvais tout simplement pas de financement. Le budget de mon documentaire, c’est 131.000 euros. J’ai décidé de lancer un appel au crowdfunding pour 9000 euros. J’en ai réuni 107%.

Sur place, ça se passe comment?

La grande différence avec un financement traditionnel, c’est que ce sont les investisseurs qui viennent vers moi et non l’inverse. Je les accueillais avec une petite soupe et on discutait de façon informelle.

Vous avez réuni cette somme: le regard sur le film a changé dans la foulée?

Je me suis sentie plus forte. Tout ce soutien, ça crée une masse critique, comme une sorte de lobbying. Après, quand on démarche les cabinets politiques ou les leviers d’aides publiques, c’est plus facile d’obtenir un financement traditionnel. C’est un levier qui a permis de faire basculer les institutions publiques hésitantes vers le «oui». RTBF et CoCoF ont donc embrayé.

Mais au fait, de quoi parle le film?

Il s’appelle «Autrement» et s’intéresse à la question de l’agriculture et aux mouvements citoyens qui la soutiennent directement. En gros, les groupes d’achat solidaires de l’agriculture paysanne (GASAP) et tout ce mouvement des paniers de légumes. J’ai réuni des témoins en Belgique, en France et en Croatie.

Un mode de consommation citoyens qui, évidemment, est parallèle à celui du financement participatif. Dès lors, ceux qui ont parié sur vous ont-ils influencé le film?

Disons que certaines discussions ont fait évoluer le projet, sans le bousculer dans ses fondements. Les gens peuvent donner des pistes. J’en ai tenu compte.

Selon vous, le financement participatif est appelé à grandir?

On ne peut pas tout demander au politique. Le citoyen doit redevenir le moteur et se réapproprier son avenir. En outre, cette forme de financement permet de mettre en lumière ce que désirent vraiment les gens, puisque les projets qui n’ont pas suffisamment de soutien passent à la trappe.

+ Le projet « Autrement » sur le site de KissKissBankBank
 

Martin va le faire:
«Croiser 2.000 personnes en 3 jours»


Martin Ringlet, vous cherchez à ouvrir un resto slow food à Saint-Gilles. Pourquoi tenter le coup du financement participatif à Europe Refresh?

Ce qui nous intéresse, au-delà de la collecte de fonds, c’est surtout d’avoir l’avis du public avant de lancer notre projet. Et au salon, on pourrait rencontrer 2000 personnes en trois jours. Car on sait bien que la Belgique, ce n’est pas les USA: lever 200.000€ sur un projet local, ça reste impossible.

Vous espérer lever combien?

On hésite encore entre 6000 et 10.000€. Car sur KissKissBankBank, le principe, c’est que tu dois égaler ou dépasser tes objectifs dans un temps imparti. Sinon, tu n’as rien.

Votre projet, c’est quoi?

Un resto qui n’offrirait que du frais du jour, au jour le jour: «Au Marché Noir». L’idée, c’est d’appeler les producteurs le matin et leur demander: «t’as quoi aujourd’hui?» Avec ces produits de très haute qualité, Jérôme, le chef, mitonnera deux plats: un viande entre 8 et 12€ et un végé entre 6 et 8€. Moi, je serai dans le comptoir. C’est en bonne voie: on espère ouvrir début 2015.

Il n’y a pas assez de restos rapides à Bruxelles?

Disons que comme client, j’étais frustré. Dans mon ancienne vie, je rentrais tard du bureau. Le choix, c’est friterie, asiatique, sushi ou kebab. D’autre part, trouver les bons produit, c’est un boulot à temps plein si vous êtes employé. Et ça reste cher, à cause des intermédiaires. Moi, je veux faire cette prospection pour les autres.

Cette exigence de circuit court qualitatif est primordiale pour vous?

Jérôme, mon associé, était lui-même frustré par ce qu’on lui demandait comme cuisinier. Soit quelque chose de bon ou beau, mais sans aucun questionnement sur l’origine des produits. Ici, on aura du bon matos, et on le vendra à prix abordable. C’est un peu une initiative citoyenne.

On mangera quoi «Au Marché Noir»?

Par exemple, des «veggie ballekes» avec spaghettis de courgette et polenta.

+ Le projet « Au Marché Noir » sur le site de Europe Refresh