BRUXELLES -

Jeunes bruxellois en Syrie: radiés des registres communaux après leur départ

Jeunes bruxellois en Syrie: radiés des registres communaux après leur départ

3.000 djihadistes seraient issus d’Europe. Mais il est difficile de chiffrer le phénomène commune par commune. (AFP PHOTO/AMC/ZEIN AL-RIFAI) AFP

Les radiations des registres communaux peuvent être des indices du départ de Bruxellois en Syrie. Certaines communes y sont attentives. Et les vérifications poussées.

Les bourgmestres des communes centrales de la capitale ont jusqu’ici enregistré quelques cas de radiation de jeunes gens dont il est avéré qu’ils se sont rendus en Syrie, ressort-il d’informations recueillies mardi par l’agence Belga auprès des bourgmestres d’Anderlecht, d’Etterbeek, de Molenbeek, Saint-Gilles, Saint-Josse, et Schaerbeek.

Lundi soir, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur, avait indiqué que deux personnes avaient été radiées du registre de la population de sa commune à la suite de départs pour ce motif. La procédure de vérification est toujours en cours pour quatre autres, avait-il ajouté.

Enquête minutieuse

Ailleurs, seule la commune de Molenbeek a identifié six radiations directement liées à des départs en Syrie. Cinq autres cas sont en cours d’examen, a expliqué le chef de cabinet de la bourgmestre Françoise Schepmans. Dans cette commune de l’ouest de la capitale, on dénombre quelque 450 radiations par an.

À Etterbeek, on n’a dénombré jusqu’ici aucun cas de radiation lié à un départ vers la Syrie et l’on n’a, selon lui pas observé de recrudescence du nombre de radiations.

À Saint-Gilles, le bourgmestre Charles Picqué a évoqué l’existence de trois ou quatre cas faisant l’objet d’une enquête minutieuse pour tenter de savoir pourquoi les personnes concernées sont absentes. Ce travail est opéré par recoupement entre différents services.

Plus globalement, la commune procède à un millier de radiations par an sans compter les 6.000 à 7.000 désinscriptions volontaires. Ces chiffres élevés s’expliquent par la présence, entre autres catégories de personnes, de nombreux étudiants, pas toujours au fait ou soucieux des démarches administratives, a-t-il ajouté en substance.

«Pas de liste spécifique»

«Le collège des bourgmestre et échevins de Schaerbeek procède à des dizaines de radiations chaque semaine car nous appliquons avec beaucoup de rigueur, et toujours sur base de rapports circonstanciés, les règles à suivre en matière de domiciliation», a commenté de son côté le bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt.

«Mais nous n’avons pas de liste spécifique de gens partis en Syrie, ce qui est d’ailleurs très difficile à mesurer…» a-t-il ajouté, soulignant que, comme d’autres, sa commune était sur le point d’engager un fonctionnaire «radicalisation», dans le contexte du dispositif mis en place en concertation avec le fédéral. La commune se soucie du phénomène de radicalisation au sens large, et pas seulement en lien avec le conflit avec la Syrie, même si c’est l’urgence du moment, a souligné Clerfayt.

À Saint-Josse, aucun cas de radiation lié à un départ en Syrie n’a été répertorié parmi le petit millier de radiations par an, selon le bourgmestre Emir Kir. Celui-ci a insisté sur le travail mené par la cellule de prévention de la commune en partenariat avec la zone de police pour repérer les tentatives d’approche effectuées par certains «recruteurs».

Environ 3.000 djihadistes européens

Le nombre de jihadistes européens partis combattre en Syrie et Irak est en hausse, à «environ 3.000», a déclaré mardi à l’AFP le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, qui donnait en juillet le chiffre de quelque 2.000.

Celui-ci a jugé «possible» que cette augmentation soit due à l’avancée sur le terrain du groupe de l’État Islamique et à la proclamation d’un «califat» sur les zones conquises.