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Vote à 16 ans et vote des étrangers : le Premier ministre veut « moderniser » le Luxembourg

Vote à 16 ans et vote des étrangers : le Premier ministre veut « moderniser » le Luxembourg

Xavier Bettel (au centre de la photo) veut moderniser son pays. Reporters / Luxpress

Droit de vote à 16 ans, droit de vote aux étrangers ou encore limiter le mandat d’un ministre, le Premier ministre du Luxembourg veut moderniser son pays.

Le Premier ministre du Luxembourg, Xavier Bettel, veut «moderniser» son pays en organisant un référendum, notamment pour abaisser l’âge du vote à 16 ans, accorder le droit de vote aux étrangers et limiter à 10 ans le mandat de ministre.

M. Bettel, un libéral de 41 ans, est arrivé aux responsabilités fin 2013. Il a mis fin à plus de 18 ans de pouvoir du chrétien-démocrate Jean-Claude Juncker, qui a depuis été nommé président de la Commission européenne.

Il a fait alliance avec deux autres partis laïcs, les socialistes et les Verts, pour rejeter dans l’opposition les chrétiens-sociaux, jusqu’au pouvoir quasiment sans interruption depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale.

Un référendum

Libéral sur le plan économique, M. Bettel veut aussi ouvrir la société luxembourgeoise. Il en a fourni une illustration lundi en proposant l’organisation l’an prochain d’un référendum.

En mai ou en juin 2015, les Luxembourgeois devront se prononcer sur quatre questions: l’abaissement du droit de vote à 16 ans, l’ouverture du droit de vote aux législatives à tous les étrangers résidant au Grand-Duché depuis au moins dix ans, la poursuite ou non du financement des cultes par l’État et la limitation à dix ans consécutifs des mandats des membres du gouvernement.

Si cette dernière réforme était votée, elle s’appliquerait aux ministres ayant pris leurs fonctions en 2013. La réponse aux quatre questions se traduira, ou non, par des modifications de la Constitution.

«Il s’agit de savoir quel Luxembourg nous voulons demain», a assuré M. Bettel, qui entend «moderniser l’État luxembourgeois» conformément à l’accord de coalition.

Le financement du culte par l’État est une question sensible au Luxembourg, pays de forte tradition catholique. L’État luxembourgeois verse les salaires et les pensions des ministres du culte, mais uniquement pour les religions reconnues, dites «conventionnées»: Église catholique essentiellement, mais aussi protestants et orthodoxes, ainsi que le judaïsme. Le culte musulman, en nette progression ces dernières années, n’est pas soutenu par l’État.