Elle a brillé dans le monde de l’athlétisme des années ’90. Sandrine Hennart détient plusieurs records de Belgique de saut en longueur en plein air. Des records qui, jusqu’à ce jour, n’ont toujours pas été battus. La championne s’entraîne encore, pour le plaisir.

Née à Tournai, Sandrine Hennart vit à Callenelle (Péruwelz) avec son mari et ses trois filles. Elle a débuté l’athlétisme à 13 ans.

Pourquoi vous êtes-vous lancée dans cette discipline?

Au départ, mes parents voulaient que je pratique un sport pour combattre ma timidité. On m’a emmenée dans un manège pour faire de l’équitation. On m’a passé une longe et… j’ai fait demi-tour! Je me suis donc inscrite à la Rusta, un club près de chez moi. J’ai commencé en triathlon minime: 80 m de course, lancer du poids et saut en hauteur. En cadette, j’ai fait du saut en longueur. On s’est rendu compte que je n’étais pas si mauvaise que ça.

Vous aimiez la compétition?

Je ne me suis jamais dit que j’étais la meilleure, je suis plutôt mesurée. Mais j’avais la hargne. On m’avait dit: «tu vas gagner des compétitions, mais tu vas en perdre aussi». Pas grave!

Votre papa Odon vous a entraînée…

J’ai eu un problème à la cheville, et j’ai été opérée. Après cela, plus personne ne voulait de moi. Mon papa m’a alors dit: «ou on arrête, ou on se débrouille à deux». C’est ce qu’on a fait au début des années ‘90. J’ai remporté le championnat de Belgique en 1996 avec un saut de 6,53 m. Ce record n’a jamais été battu en plein air. Il l’a été en salle par Tia Hellebaut. Mon frère Cédric a été mon sparring-partner pendant un temps, c’était très chouette. Ce que je détestais le plus en athlétisme, c’était la course de fond, surtout en hiver car c’était très difficile. Le saut en longueur a toujours été ma discipline préférée, c’est instinctif.

Avez-vous vécu de votre discipline?

Je n’étais pas aussi pro que Tia Hellebaut et Kim Gevaert. Je n’ai jamais gagné ma vie avec l’athlétisme, même si je le pratiquais à temps plein. J’ai arrêté à 28 ans. J’étais fatiguée, mon corps en avait assez. C’était beaucoup de sacrifices: pas de soirées, pas de sorties le week-end, un régime alimentaire drastique…