Comment, cent ans plus tard, raconter la guerre? Au départ de onze objets authentiques, une exposition très visuelle raconte la bataille de Mons.

«Comment raconter la bataille de Mons?» Guillaume Blondeau est le conservateur du futur Mons memorial museum dont l’ouverture est prévue dans quelques mois. Un musée interactif et didactique qui rassemblera – sur le site de la Machine-à-Eau – les riches collections militaires de la ville de Mons. Car, la Grande Guerre et la bataille d’août 1914 ont laissé bien des objets derrières elles. Et en cette année de commémorations, une exposition organisée au BAM (Beaux Arts Mons) propose en «avant-première» du futur musée d’explorer ce passé. «Nous avons fait le choix, poursuit Guillaume Blondeau, d’aborder les événements au travers d’objets authentiques. Des objets qui, cent ans après la bataille et alors qu’il ne reste plus de survivants, sont eux encore bien là! Et qui sont les témoins de la violence des combats».

Encore faut-il faire parler ces objets. Et l’exposition y parvient plutôt bien. Aucune surenchère, en effet, dans la scénographie. «Nous avons sélectionné onze objets, reprend Guillaume Blondeau, ils nous permettent chacun de développer des thématiques plus larges comme l’importance des croyances et de la spiritualité en temps de guerre ou la résistance civile.»

L’exposition s’organise autour de onze grands caissons. Côté pile, on découvre un objet: une décoration, un tambour, une mitrailleuse, un casque à pointe, un biscuit de ravitaillement, une croix… Côté face quelques pistes de réflexions et d’interprétations autour de cet objet. Ainsi le biscuit, par exemple, invite à découvrir l’équipement des soldats qui transportaient quelque 27 kg d’objets, de vêtements, d’armes sur leur dos! La croix rappelle que ce sont des civils qui ont généralement enterré les soldats anglais et allemands, devenus anonymes, dans les jours qui ont suivi la bataille. Avant le futur cimetière de Saint-Symphorien…

Des citations, de superbes agrandissements photographiques des objets, des films, des images complètent chaque étape de cette découverte. À la fois didactique et presque poétique, une exposition qui s’adresse vraiment à tous, jeune ou vieux, Montois ou pas. Une belle façon de ne pas oublier.

Jusqu’au 23 novembre au BAM à Mons, ouvert du mardi au dimanche de 10hà 18 h. Entrée générale: 9€, gratuit pour les moins de 12 ans.