Au rythme où vont les choses, le gouvernement n’aura bientôt plus besoin de se prononcer sur le maintien en activité des centrales nucléaires.

Et les péripéties de Doel et de Tihange ne sont pas de nature à restaurer la confiance.

Qui y comprend encore quelque chose dans le dossier du nucléaire belge? Qui peut encore se targuer d’avoir une vision claire de la situation? De savoir ce qu’il en est de ces fameuses microfissures qui émaillent les cuves de Tihange 2 et de Doel 3? Entre les avis contradictoires des experts, le discours volontairement rassurant d’Electrabel et tout aussi volontairement alarmistes des organisations environnementales, le citoyen lambda y perd forcément son latin.

C’est fort gênant parce que les enjeux sont gigantesques. Soit en terme de sécurité si les deux centrales présentent effectivement un danger (faut-il rappeler Tchernobyl et Fukushima?); soit en terme d’approvisionnement si les installations sont parfaitement sûres…

Mais ce qui est certain, compte tenu de la haute technicité de ces questions et de l’importance des enjeux, c’est qu’il y a eu une sorte de légèreté dans les décisions prises depuis deux ans au sujet des deux réacteurs. Pourquoi, par exemple, avoir pris la décision de remettre ces centrales en activité en juin 2013, avant un nouvel arrêt en mars 2014, alors que l’ensemble des tests n’avaient pas été réalisés? Ce genre d’attitude, en accord avec l’Agence du contrôle nucléaire et le gouvernement fédéral n’était-elle pas de nature à faire germer le doute dans l’esprit des citoyens?

C’est d’autant plus dommageable que les questions énergétiques et les choix stratégiques d’approvisionnement sont au cœur du débat politique pour les prochaines années.

Risques de black-out ou non, choix d’investissements à long terme… la décision dans le secteur de l’énergie ne peut s’accommoder de la même désinvolture que celle qui a prévalu dans le survol de Bruxelles… C’est une question financière mais c’est aussi une question de crédibilité des dirigeants. Le problème des choix énergétiques de demain est déjà une matière suffisamment cruciale en soi sans encore y ajouter une dimension passionnelle.