ENSEIGNEMENT

150 profs déjà replongés dans le bain

150 profs déjà replongés dans le bain

Après un mois et demi de vacances, des profs préparent la rentrée en remettant en cause leur façon d’enseigner. EdA - Jacques Duchateau

Cette fois, ce sont les profs qui apprennent. Commedia dell’arte, voix, pédagogie institutionnelle… Formations pour un enseignement plus égalitaire.

«La fin des vacances, c’est la bonne période pour une formation. Ça prépare à la rentrée», dit Muriele Compère. C’est une habituée, elle a déjà suivi plusieurs ateliers du mouvement Changement pour l’égalité (CGé): «Trois fois les modules sur la pédagogie institutionnelle, se souvient-elle, une fois l’atelier voix – parlée, de la voix parlée à la polyphonie – et une fois l’atelier lire, écrire, créer mais avec un autre formateur. » 50% des enseignants (parfois retraités ou futurs enseignants) reviennent en formation. Un bon taux de satisfaction pour ces formations qui en sont à leur 47e édition.

Travailleuse en éducation permanente avec des adultes, Muriele n’est pas venue seule à Wépion (Namur). Sa collègue participe avec elle à un atelier d’écriture de six jours lors des rencontres pédagogiques d’été, et son fils de cinq ans est lui aussi venu à la Marlagne. Il participe à un stage destiné aux enfants de 4 à 14 ans: ils seront trente cette semaine.

Les enfants ne servent pas de cobayes aux enseignants en formation: ils ont leurs propres animateurs, des jeux dans les bois. Mais on reste dans cet esprit de coopération et collaboration cher au CGé: même si les animateurs ne sont pas loin, les ados ont la responsabilité des plus petits.

Tous réseaux, tous niveaux

150 à 170 personnes sont à la Marlagne cette semaine, pour suivre un ou plusieurs ateliers, de trois à six jours. Les spécialistes disent que c’est dès la maternelle que l’on gomme les inégalités de l’enseignement, mais il y a également des profs de primaire, de secondaire, du supérieur et de l’université. Certains enseignants sont pensionnés, et d’autres pas encore actifs parce que pas encore diplomés.

L’ambiance est conviviale: on réfléchit ensemble, mais on mange aussi ensemble… et on dort ensemble dans des chambres de deux ou trois personnes. Les temps libres sont distillés çà et là, tout au long de la journée et de la soirée: «Il y a des conférences, une librairie du CGé pour les participants, un film sur l’UNICEF qui montre des enfants qui n’ont pas accès à l’enseignement, explique Isabelle Capelleman, organisatrice. Puis il y a aussi le bar…. C’est un élément important pour la convivialité et les échanges d’expérience entre les différentes personnes», ajoute-t-elle en souriant.