SANTÉ

Maladie de Lyme : 40 cas sérieux à Arlon

Maladie de Lyme : 40 cas sérieux à Arlon

Les tiques pullulent dans les hautes herbes et les arbres de nos régions. Sergey Toronto

Les tiques prolifèrent dans nos régions. Ces parasites peuvent transmettre la maladie de Lyme. Plusieurs cas ont été signalés à Arlon.

Une balade en forêt ou un anodin après-midi de jardinage sont désormais des activités susceptibles de vous expédier à l’hôpital. L’établissement Vivalia d’Arlon constate une nette augmentation des cas de morsures de tiques mais aussi des cas de maladie de Lyme, transmise par les parasites. Pascal Mespouille, médecin spécialiste en neuropsychiatrie à l’hôpital Saint-Joseph d’Arlon revient sur les causes de cette augmentation fulgurante: «Le climat joue un rôle dans la prolifération des tiques. Auparavant, on en trouvait beaucoup dans le sud de la France, mais de nos jours on trouve ces parasites partout en Europe. La population de notre province est fortement exposée, de par les nombreux champs et forêts que compte notre région. »

La maladie de Lyme n’est pas transmise systématiquement

La maladie de Lyme est transmise par les morsures de tiques. Cependant, toute plaie n’est pas synonyme de maladie. Seules les tiques porteuses de la bactérie «borrelia » peuvent transmettre la borréliose de Lyme . «À l’hôpital d’Arlon, on vient nous voir pour retirer les tiques mais aussi pour soigner la maladie véhiculée par les tiques. Si elle est détectée rapidement, un simple traitement à base d’antibiotiques permet d’éradiquer la maladie», explique le docteur Mespouille. Toutefois, il arrive que des personnes ne constatent pas directement une morsure. «Si elle n’est pas traitée, la maladie évolue en plusieurs stades. Chaque année, l’hôpital d’Arlon traite entre 30 et 40 cas de maladie de Lyme de stade 3 (le plus grave). C’est une intervention lourde qui nécessite un traitement par intraveineuses, étalé sur 3 semaines. Mais l’hôpital d’Arlon est bien équipé pour détecter, soigner et guérir ce type d’infection», confie le médecin spécialiste en neuropsychiatrie.

Le centre sportif de l’Hydrion d’Arlon est lui aussi particulièrement concerné par ces parasites suceurs d’hémoglobine. Les nombreuses activités extérieures proposées sont une aubaine pour les tiques en quête de sang frais. « Nous misons sur la prévention: nous conseillons aux parents d’inspecter systématiquement les enfants à leur retour. Quand un enfant se fait mordre, j’enlève directement la tique et je désinfecte la plaie », explique Nicolas Kergen, moniteur à l’Hydrion.

La trousse à pharmacie du complexe sportif permet de soigner rapidement les morsures mais pas de les prévenir: «Nous avons une pince tire-tique ainsi que du désinfectant. Malheureusement, on ne possède que deux flacons de répulsifs pour insectes dont l’usage est réservé uniquement aux moniteurs. Si on devait asperger chaque stagiaire, vu leur nombre, on ne s’en sortirait pas », commente le moniteur sportif sensible face à ce problème. Il ajoute: « Nous n’avons jamais eu de cas d’enfant contaminé. Par contre les moniteurs sont également exposés, j’ai deux collègues qui ont été mordus et ils ont contracté la maladie de Lyme. J’ai moi-même été mordu par deux tiques, mais plus chanceux, je n’ai pas été infecté. »

Les affreuses bestioles inquiètent également Bénédicte Jadot, responsable de l’Accueil extrascolaire de la Ville d’Arlon. À l’instar de l’Hydrion, l’accent est mis sur la prévention. « Nous demandons aux parents d’être attentifs et d’examiner leur enfant. Cet été, nous avons enregistré une seule morsure sur un enfant. Nous avons immédiatement retiré la tique à l’aide d’une pince spéciale et désinfecté la plaie. L’enfant n’a pas contracté de maladie.»