LIÈGE

Connaissez-vous Constant-le-Marin, cette star liégeoise?

Connaissez-vous Constant-le-Marin, cette star liégeoise?

Henri Herd, communément surnommé Constant-le-Marin. www.provincedeliege.be/fr/liege1418

Les festivités du 15 août en Outremeuse mettront un enfant du quartier à l’honneur: Constant-le-Marin. Ce champion du monde de lutte était une véritable vedette à Liège et dans le monde…

La Province de Liège a pris l’habitude, depuis une vingtaine d’années, de défiler aux festivités du 15 août en Outremeuse avec ses géants, confectionnés par sa régie des bâtiments. Les visiteurs voient donc depuis des années défiler Tchantchès, Nanèsse, Charlemagne et les autres.

Après l’apparition d’un géant à l’effigie d’André-Modeste Grétry en en 2013, c’est un autre personnage du quartier qui se verra honoré cette année, à savoir Constant-le-Marin. Une belle occasion de revenir sur le parcours atypique de celui qui s’appelait en réalité Henri Herd et qui est né en 1884 dans la rue Porte-aux-Oies, étroite ruelle qui donne sur la rue Puits-en-Sock.

Il s’est fait connaître à l’échelle internationale en tant que champion de lutte gréco-romaine. «En fait, ça devait ressembler au catch actuel», sourit Christian Desloovere, maïeur de la République libre d’Outre-Meuse. «Il a commencé à devenir très connu au moment de l’Exposition universelle de 1905 à Liège. Il était assez épaté par un champion belge, Constant-le-Boucher et c’est par analogie qu’il a opté pour Constant-le-Marin. En fait, il n’avait aucun lien avec la marine, mais ambitionnait de devenir célèbre par-delà les mers et les océans…»

Héros de guerre

Le colosse se distingue lors de nombreuses compétitions, jusqu’au titre suprême de champion du monde de lutte en 1913. «D’après certaines sources, il a été plusieurs fois champions. Je pense que c’est comme pour la boxe actuelle: il y avait plusieurs ligues. Personnellement, je retiens deux dates: 1913 et 1921», ajoute Christian Desloovere. Revenu blessé de la Première Guerre mondiale, Constant-le-Marin s’est en effet entraîné pour revenir au meilleur niveau et reconquérir le titre.

«En plus de la lutte, notre Constant-le-Marin est un héros de guerre. Il fait partie de 1915 à 1917 du corps expéditionnaire des autocanons sur le front de l’est», aux côtés des alliés russes. Le garçon d’Outremeuse s’y est particulièrement distingué, «au cours d’une expédition assez incroyable, un retour avec l’Orient-Express, un défilé et des acclamations sur la 5e Avenue à New York et j’en passe…»

S’il a été un peu oublié après son décès, à Liège, en 1965, Henri Herd «était une véritable vedette, qui était saluée partout en ville. Progressivement, il retrouve sa notoriété. Son neveu Lambert Grailet y a œuvré, notamment en faisant apposer une plaque commémorative en 1988 dans la rue Portes-aux-Oies. À l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale et en tant qu’enfant d’Outremeuse, il aura désormais un géant à son effigie.

Le dixième géant de la Province

Les géants de la Province de Liège se sont imposés au fil des années dans le cortège folklorique du 15 août en Outremeuse. À vrai dire, cette tradition est relativement récente, comme le rappelle le mayeur de la République libre d’Outre-Meuse Christian Desloovere. «Mais les géants sont devenus incontournables et ils participent à un retour de cette sympathique tradition.»

«Le premier géant, c’était Tchantchès, en 1993. Nanèsse est arrivée l’année suivante. En fait, nous profitons des événements marquants pour créer un géant: il y a eu Maigret lors de l’année Simenon, Notger pour le millénaire de sa mort, etc.» L’an dernier, c’était au tour d’André-Modeste Grétry, natif du quartier également, de voir un géant à son effigie voir le jour, pour le bicentenaire de son décès.

L’arrivée de Constant-le-Marin dans ce joyeux cortège, ce vendredi, sera la dixième du genre après Tchantchès, Nanèsse, Marianne, Maigret, Mario li houyeû, Charlemagne, Saint-Lambert, Notger et Grétry. «Même si la Province est devenue spécialiste en la matière, je peux vous dire que la création du géant de Constant-le-Marin n’était pas simple, étant donné sa carrure», précise encore Christian Desloovere.