BRUXELLES -

Bouger insolite à Bruxelles : Le street workout : « Bruxelles, c’est notre salle de sport »

À côté des sports traditionnels, Bruxelles propose bon nombre de sports moins connus. Parce qu’il y a moyen de bouger autrement à Bruxelles, on vous fait découvrir quelques sports différents.

Le rendez-vous est pris avec Malik un jeudi matin à l’entrée du parc Georges Henri à Woluwe-Saint-Lambert. De prime abord, les trois gaillards occupés à s’échauffer ne présentent aucun signe particulier. Mais rapidement, sur fond de rap, Malik, Younes et Gor se lance dans une série de figures sur les barres de traction installées dans le petit parc. Cela voltige dans tous les sens. C’est impressionnant.

«On pratique le street workout», glisse Malik avant de se faire tour à la seule force de ses poignets le long de la barre en métal. Cette discipline débarquée des pays de États-Unis en est encore à ses balbutiements en Belgique. Il s’agit d’une sorte de «musculation de rue». Comme dans la musculation traditionnelle, l’objectif est de se tailler un corps parfait. Sauf qu'ici, le mobilier urbain devient instrument de musculation. «Bruxelles est en quelque sorte notre salle de sport désormais, sourit Malik. Mais ici on est au grand air, pas enfermé dans une salle à uniquement faire de la gonflette.» Le street workout allie figure de force, de souplesse et d’équilibre.

Sport de rue, même si une première compétition a été organisée il y a quelques semaines en Belgique, il n’existe évidemment aucun encadrement pour cette discipline. «On s’entraîne quasiment tous les jours, précise Younes. Et quand on n’est pas occupé ici, on regarde des vidéos sur internet pour voir ce que les autres font. C’est comme ça qu’on apprend. On essaie ensuite de les mettre en pratique ici. La première fois, ce n’est pas toujours évident, mais on chute, on se relève et on réessaie.»

Pour les jeunes, le Street workout a permis de tisser des liens. «Au moins on n’est pas occupé à faire des conneries, ajoute Malik. Et c’est vrai qu’on a appris à se connaître. On traîne désormais beaucoup ensemble, ce sont devenus des amis.»

Malgré tous, les street workeurs cherchent un peu de reconnaissance. «On aimerait bien que les communes installent plus de barre de ce genre un peu partout ça permettrait de développer encore un peu plus la discipline», estiment Malik, Gor et Younes.

Dans le petit parc, le regard des passants est interloqué. «En général, c’est plutôt positif, note Malik. Les gens s’arrêtent, nous regardent travailler pendant cinq, dix minutes. Même des policiers sont venus nous féliciter dernièrement. Bon, j’ai quand même été arrêté une fois parce que je m’entraînais sur un poteau de bus. Je me suis excusé et ils m’ont laissé partir. C’est surtout pour les filles que ça marche pas mal. Elles sont vite impressionnées (rires).»