CREATION

Antoine Pierre, la Gaume puis New York

Antoine Pierre, la Gaume puis New York

Fils du guitariste Alain Pierre, Antoine se voit offrir une carte blanche de rêve à Rossignol. EdA

Jeune révélation du jazz belge, le batteur Antoine Pierre présente une création à Rossignol avant un séjour d’une année aux USA.

Avec Igor Gehenot ou Guillaume Vierset, il fait partie de cette génération qui épate au-delà de nos frontières. Petit portrait d’Antoine Pierre.

Comment s’est fait le choix de ton instrument?

J’ai commencé dans une fanfare où je jouais du saxophone. Mon père guitariste me faisait écouter des. guitaristes, mais ce sont surtout les batteurs qui m’attiraient, notamment Paul Wertico chez Pat Metheny et Antonio Sanchez. Et puis la batterie, c’est aussi l’instrument de l’adolescence, on veut faire du bruit, épater les filles.

Tout s’est passé très vite.

J’ai rencontré des musiciens, suivi les stages des Jeunesses Musicales et des masterclasses avec Stéphane Galland, puis Antonio Sanchez. Avec Igor Gehenot, on a formé un groupe, le Metropolitan et à 16 ans, on tournait déjà, on a été jusqu’en Algérie! Et je suis entré au Conservatoire de Bruxelles.

Tu as enregistré sur le dernier album de Philip Catherine.

Ma première rencontre avec Philip Catherine a eu lieu à Dinant, puis au Pelzer’s Jazz Club à Liège; là, il m’a un peu testé et le lendemain, son agent me téléphonait pour une tournée. Le deuxième concert était avec le pianiste Enrico Pieranunzi que je ne connaissais même pas! Et puis est venu l’enregistrement du disque avec Philip Catherine, un rêve!

Le pianiste italien jouera avec toi en Gaume.

Oui! Quand Jean-Pierre Bissot m’a proposé de réunir un groupe de gens avec qui j’avais déjà joué, j’ai pensé à mes copains, mais jamais à un truc de cet acabit! On jouera sûrement des pièces de Pieranunzi, de Steve Houben, de Jean-Pol Estiévenart, mais aussi de mon père qui sera présent sur quelques morceaux.

Comment cela va-t-il se passer?

Il y a d’abord le travail sur un répertoire qui se tient, je déteste les cartes blanches où il n’y a pas de fil rouge. Mais on n’aura qu’un jour de répétition, ce qui me convient car j’aime travailler dans l’urgence, ça t’oblige à te surpasser.

Avec la perspective d’autres concerts?

Je le prends comme un one-shot, tout simplement parce que quelques jours après le concert, je pars pour New York. J’ai obtenu une bourse de la BAEF (Belgian American Education Fundation) pour y étudier pendant un an. Cette bourse a été fondée après la Première Guerre mondiale par un Américain pour promouvoir les échanges entre les deux pays. Nous sommes 60 cette année à partir et je suis le seul musicien. C’est l’occasion de rencontrer beaucoup de gens; j’ai envie de bâtir mon style sur les deux cultures, européenne et américaine.

On ne t’entendra plus en Belgique pendant un an?

Je reviendrai en Belgique pour quelques tournées avec Philip et le LG Jazz Collective. Il y a aussi un projet en cours avec Robin Verheyen et Tom Barman.

Le fondateur de DEUS?

Oui, ce sont des compositions de Robin et des paroles de Tom. Le public répond super bien à ce projet. Aller chercher un autre public est intéressant, la scène rock underground. Les gens qui n’écoutaient pas du jazz apprécient ce projet, en ce sens, c’est une chouette démarche.

En concert le 10 août à Rossignol. Toutes les infos sur le site www.gaume-jazz.be.