SAINT-MAUR

Bientôt des peignes sur les éoliennes?

Bientôt des peignes sur les éoliennes?

Rien n’est encore visible sur les machines, mais les techniciens allemands devraient avoir terminé le travail d’ici deux mois. EdA

Des peignes, installés sur les pales peuvent réduire le bruit des éoliennes. Un fabricant allemand adapte les engins. Le gain serait de deux décibels.

C’est un gros chantier qui vient de débuter sur les éoliennes du parc TAB, près de Tournai. Durant six semaines, les techniciens de la société allemande Enercorn vont en effet installer des peignes sur les sept machines de la société Ventis. L’ambition de cette nouvelle technologie est de réduire au maximum les nuisances sonores.

«Quand on achète des éoliennes, il y a des garanties de maintenance dans le contrat que l’on signe avec la marque qui les construit, explique Benoît Mat, de la société Ventis. Dans le cas qui nous occupe, l’installation des peignes fait partie du service après vente. C’est ce qu’on pourrait définir comme une mise à jour des machines. La marque perfectionne son produit dans le but de le rendre plus efficace.»

Les peignes seront progressivement installés sur toutes les éoliennes qui se trouvent dans ce parc, à cheval entre Tournai, Antoing et Brunehaut. Pourquoi sur ce parc en particulier?

«Parce que des riverains se sont plaints des nuisances sonores. La société allemande qui a construit les éoliennes est donc venue prioritairement chez nous. Mais TAB ne sera pas le premier parc éolien en Belgique a en être équipés. Un chantier du même genre a déjà été mené du côté de Seneffe ainsi que dans les Cantons de l’Est», répond Benoît Mat.

Un gain de 2 dB

Les fameux peignes seront fixés sur les dix derniers mètres de chaque pale. Ils disposent chacun de dents d’une quarantaine de centimètres de long. La technologie est, dit-on, inspirée des ailes d’un rapace nocturne dont le vol est particulièrement silencieux.

«Les techniciens allemands vont placer les peignes sur le bord de fuite de chaque pale. Ce n’est pas un travail qui se mène en deux coups de cuillère à pot. Il faut en effet compter une semaine pour équiper une éolienne.»

Un investissement conséquent en temps et en argent qui fait dire au fondateur de Ventis que le procédé est efficace: «Mobiliser des techniciens allemands loin de chez eux pendant une si longue période représente un fameux coût. La société ne prendrait pas la peine de le faire si cela n’avait pas une influence sur les nuisances sonores».

Selon Benoît Mat, les peignes vont jouer un double rôle: «Premièrement, ils vont diminuer la puissance acoustique globale. Cela va nous permettre de gagner 2 dB par rapport aux éoliennes dans leur configuration initiale. Deuxièmement, ils vont modifier le spectre sonore. Cela va atténuer la prédominance des sons graves Or, ce sont ceux qui se propagent le plus loin et qui sont les plus désagréables à l’oreille.

Les voisins du parc qui seraient un peu plus sensibles vont voir la différence.»

Verdict au mois d’octobre quand tout le parc sera équipé…