Brabant wallon

Panne de courant dans l’Est du Brabant wallon: ils témoignent

Panne de courant dans l’Est du Brabant wallon: ils témoignent

- EdA

La panne de courant survenue mardi matin dans l’Est du Brabant wallon a privé d’électricité 16 000 ménages. Gérant d’un supermarché, bourgmestres, secrétaire d’une maison de repos… ils témoignent.

+ 16 000 ménages privés d'électricité ce matin dans l'Est du Brabant wallon

«Être prévoyants» 
Éric Kempeneers, ambulances Joannes-Docquier (Jodoigne)

«Nous avons participé à une réunion de crise en milieu de matinée avec les pompiers et la police. L’idée était de prévoir toute défection au cas où ça se prolongerait. Nous avons songé à des gens qui utilisent un dispositif à oxygène à domicile, par exemple. Ils peuvent s’en passer quelques heures mais pas toute une journée. Nous n’avons pas de groupe électrogène mais ce n’est pas nécessaire car notre travail se fait à l’extérieur ou dans les véhicules. Mais il y a des choses auxquelles on ne songe pas. Par exemple, pas moyen de faire le plein de carburant de nos véhicules. Heureusement que la panne n’a pas duré beaucoup plus longtemps. Il y a des leçons à tirer de ça..»

«La communication, le vrai problème»
Hugues Ghenne, Bourgmestre d’Orp-Jauche

«Ça n’a pas réellement bouleversé ma journée. Le plus dur, c’était de se passer de café, encore que j’ai une maman qui a encore une gazinière, s’amuse le bourgmestre. Dans ce genre de situation, ce qui est difficile c’est l’absence de communication. On ne peut pas informer les gens. Je plains le gars qui devait avoir un passeport en dernière minute ou encore les enterrements qui étaient programmés ce matin. Enfin, ça nous permet de nous habituer. On ne peut pas être certain de ce que sera la production d’électricité à l’avenir.»

«Le commissariat a besoin d’un groupe électrogène»
Jacques Vandenbosch, Chef de la zone de police de Jodoigne

«Notre commissariat dispose d’un système de batterie qui nous donne une autonomie d’une heure environ. C’est déjà ça mais la panne a duré quatre heures. On va envisager le placement d’un groupe électrogène car je crains que ça ne se reproduise de plus en plus souvent. C’est la deuxième fois en deux ans. C’est interpellant au XXI siècle, une panne de quatre heures en été. Pour le reste, les appels d’urgence nous parvenaient et il n’y a pas eu d’incident. Nous avons juste, faute de feux, dû régler la circulation au carrefour du cheval blanc dans le centre.»

 

«Deux inquiétudes»
Jean-Paul Wahl, bourgmestre de Jodoigne

«Nous avons organisé une réunion de crise le matin avec la police et les pompiers. Nous étions tout d’abord inquiets pour les personnes isolées qui avaient besoin d’oxygène dans le cadre de leur traitement. Ensuite, pour les personnes qui auraient pu être bloquées dans un ascenseur. Par ailleurs, un certain nombre de mesures avaient été prévues si la panne s’éternisait. Le plus embêtant, c’est que les habitants n’arrivaient pas à recevoir les informations, les réseaux téléphoniques ayant connu quelques difficultés. Ici, heureusement, les conséquences de la panne sont minimes. Mais nous devons rester attentifs, surtout si une telle situation se produit en hiver par exemple.»

«Coupés du monde»
Isabelle Genotte, secrétaire de la résidence Malevé à Orp-Jauche

«Cette panne a eu beaucoup de conséquences pour notre maison de retraite mais nous nous sommes débrouillés. Nous sommes allés chercher un petit groupe électrogène pour que les cuisiniers puissent toute de même préparer de la soupe pour midi. L’ascenseur ne fonctionnait plus donc certains résidents ont dû rester au premier étage. Vers 10 h, nous n’avions plus d’eau chaude non plus, ce qui a posé quelques problèmes pour les toilettes du matin. Et puis, quand certains résidents n’ont plus la télé, c’est la catastrophe… Enfin, notre équipe de nettoyage a su faire les chambres mais pas les salles de bain, puisqu’il y faisait noir. Nous étions vraiment coupés du monde.»

«20 000 euros de pertes»
Charles Sneessens, gérant de l’AD Delhaize de Perwez

«Ce n’est seulement que vers 10h que nous avons réussi à ouvrir les portes automatiques du magasin. Toute la matinée, nous avons vécu comme dans une caverne d’Ali Baba, en se déplaçant avec des lampes de poche. Nous sommes parvenus à faire fonctionner deux caisses grâce à notre petit groupe électrogène. Mais le plus gros souci, c’était la rupture de la chaîne du froid. Quand le courant est revenu, les températures des frigos étaient vraiment limites. Nous les avons laissés fermés pendant une heure. De plus, nous avons dû liquider les produits sensibles comme le poisson, etc. Cela nous fait une perte en chiffre d’affaires de 15 000 à 20 000 euros!»