GHISLENGHIEN -

Près de 200 personnes rendent hommage aux victimes de la catastrophe de Ghislenghien

Dix ans jour pour jour après l’explosion d’une conduite de gaz causant la mort de 24 personnes et les blessures de 132 autres, les survivants et les familles sont venus se recueillir au pied de la stèle érigée en hommage aux disparus de la catastrophe de Ghislenghien.

Dans la mémoire collective athoise, le 30 juillet 2004 restera toujours bien ancré. Ce jour-là, une conduite de gaz explosait dans une usine en construction dans le zoning de Ghislenghien. Vingt-quatre personnes perdirent la vie dans la catastrophe et cent trente-deux autres virent leur vie changer à tout jamais.

Ce mercredi matin, dix ans jour pour jour après le tragique drame, plus de 200 personnes s’étaient réunies près de la stèle érigée en l’honneur des victimes. Survivants, familles des victimes et autorités politiques, dont l’ex ministre de la Défense André Flahaut, étaient venus rendre hommage à toutes les personnes parties trop tôt. Comme à l’accoutumée, la musique a résonné à 8h56 précise avant de laisser place à une minute de silence chargée d’émotions. Ensuite, chaque personne présente est passée devant la stèle et chacun a rendu hommage à sa manière: prière, signe de croix voire salut militaire.

Si dans un premier temps, cette commémoration avait été annoncée comme la dernière officielle, le bourgmestre athois, Marc Duvivier, a tout de même expliqué qu’il y aura encore une cérémonie en 2015 mais qu’elle sera plus intimiste.

Dix ans après le drame, a-t-on tiré les leçons? 
"Notre présence ici à Ghislenghien est indispensable" indique Léon Diricq qui a perdu un fils (pompier) le 30 juillet 2004. Avant d'éprouver la perte de son autre garçon quelques années plus tard, dans un accident de la route. "A l'occasion de cette cérémonie, nous rencontrons celles et ceux qui ont vécu la même chose, qui partagent la même tristesse. De toute façon, je n'attends pas ce jour-ci pour penser à mes deux enfants perdus. Tous les jours, ils sont avec nous. Ce qui est triste, c'est qu'aujourd'hui en vieillissant, on sent qu'on aurait besoin d'eux et on ne les a plus. C'est pesant." C'est une cérémonie importante? "Oui, c'est important. De toute façon, même s'il n'y avait pas de cérémonie, nous viendrions quand même et je suis persuadé que pas mal de personnes viendront toujours même s'il n'y a pas une cérémonie organisée."
Dix ans après le drame, a-t-on tiré les leçons? "Je ne le crois pas. Même si pour les pompiers par exemple, des choses ont changé: quand il y a une petite fuite de gaz, on évacue directement tout le quartier." L'arrêt de la cour d'appel de Mons a apporté un certain soulagement pour les victimes? "Oui. Ce jour-là, j'ai été heureux. L'arrêt a été important pour les victimes, je pense; pour ma part oui en tout cas."
Les réactions de cette commémoration à lire dans L’Avenir-Le Courrier de l’Escaut de ce jeudi 31 juillet 2014, sur tablette iPadouAndroidet surPC