Gaza : le bilan s’alourdit et l’énergie se raréfie

La liste des morts s’allonge dans la bande de Gaza. S’y ajoute la mise hors service de la seule centrale électrique palestinienne…

Plus de cent corps ont encore été amenés dans les différentes morgues de Gaza ce mardi, après d’intenses frappes de l’armée israélienne sur l’ensemble de l’enclave: le bilan humain des 22 jours de conflit se chiffre désormais à plus de 1170 tués, côté palestinien, selon les secours locaux. Avec la mort de 10 soldats, lundi, Israël dénombre, lui, 56 victimes: 53 militaires, son bilan le plus lourd depuis la guerre contre le Hezbollah libanais en 2006, et 3 civils tués en Israël depuis le début de la confrontation.

L’unique centrale hors circuit

«L’unique centrale électrique de Gaza a cessé de fonctionner après un bombardement israélien la nuit dernière, qui a endommagé le générateur de vapeur avant de toucher les réservoirs de carburant qui ont pris feu», a annoncé hier Fathi al-Sheikh Khalil, le directeur-adjoint de l’autorité de l’Énergie de l’enclave qui estime qu’il faudra «une année» pour la remettre sur pied.

Seules deux des dix lignes électriques israéliennes fournissant de l’électricité à Gaza continuaient à fonctionner ce mardi.

«Les institutions comme l’ensemble de la bande de Gaza seront complètement dans le noir ce soir», a déclaré M. Khalil, précisant que seuls quelques quartiers dans le nord et le sud de l’enclave resteraient éclairés.

D’importants incendies se sont déclarés dans le secteur de la centrale où les véhicules de secours ne parvenaient pas à entrer, selon un journaliste de l’AFP. Cette usine assure à elle seule environ 30% de la consommation d’électricité à Gaza.

Outre une pénurie chronique d’eau, l’enclave palestinienne, soumise depuis 2006 à un blocus imposé par Israël, souffre d’importants problèmes d’approvisionnement en électricité: même en temps normal, les coupures de courant à Gaza sont quotidiennes, de 8 à plus de 12 heures par jour, et elles affectent hôpitaux, écoles, commerces, ou encore usines de traitement des eaux du territoire et de ses 1,8 million d’habitants.

Trêve refusée

Une lueur d’espoir? Le secrétaire d’État américain, John Kerry, a signalé hier qu’Israël avait demandé aux États-Unis de l’aider à sceller une nouvelle trêve avec le Hamas. Mais lors d’une (rarissime) déclaration, le chef de la branche militaire du Hamas a prévenu: il rejettera tout cessez-le-feu sans un arrêt des frappes militaires israéliennes et la levée du blocus de la bande de Gaza.