L’anarchie fait fuir les étrangers

L’incendie du dépôt d’hydrocarbures à Tripoli est «hors de contrôle». On craint la catastrophe. AFP

Face au chaos libyen, des Occidentaux se retrouvent sans marge de manœuvre. Les combats y sont presque quotidiens.

Les Occidentaux assistent impuissants aux affrontements entre milices rivales qui ont fait près de cent morts en deux semaines en Libye.

Depuis la chute de Kadhafi, leur marge de manœuvre a toujours été réduite du fait de la volonté des Libyens eux-mêmes, notent des experts.

La Libye attendait néanmoins mardi une aide étrangère pour pouvoir venir à bout d’un incendie ravageant un important site de stockage de carburant à Tripoli et provoqué par des combats incessants entre milices rivales, faisant peser une menace sur les habitants de la capitale.

Deux immenses réservoirs de carburant étaient en effet toujours en feu mardi. Ce dépôt de stockage contient au total plus de 90 millions de litres de carburant, ainsi qu’une cuve de gaz ménager.

Les autorités ont annoncé que l’incendie était « hors de contrôle » et dit craindre « une catastrophe humaine et environnementale aux conséquences difficiles à prévoir».

Les Occidentaux évacuent

Des combats avaient également lieu à Benghazi, dans l’est du pays, où un avion militaire engagé dans des affrontements au côté d’un général dissident contre des groupes islamistes s’est écrasé.

Face à l’anarchie en Libye, la France a annoncé son intention d’évacuer ses ressortissants de ce pays par voie maritime. D’autres États occidentaux, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Bulgarie, le Portugal et les Pays-Bas, ont aussi décidé d’évacuer leur personnel diplomatique et/ou leurs ressortissants.

Depuis la chute en octobre 2011 du régime de Mouammar Kadhafi après huit mois de rébellion soutenue par les Occidentaux, les autorités libyennes ne parviennent pas à contrôler les dizaines de milices formées d’ex-insurgés qui font la loi en Libye, en l’absence d’une armée et d’une police régulières bien entraînées.

Des combats entre milices rivales, ou entre groupes islamistes et soldats ou encore entre forces d’un général dissident et groupes radicaux ont coûté la vie à des centaines de personnes à travers le pays depuis des mois.

L’échec des médiateurs

Après une matinée calme, les combats entre milices rivales ont repris en milieu de journée sur la route de l’aéroport de Tripoli, après avoir fait au moins une centaine de morts et 400 blessés depuis le 13 juillet.

Ce sont des roquettes tirées durant ces combats qui ont touché dimanche un important dépôt de stockage d’hydrocarbures, situé à proximité, y provoquant cet énorme incendie.

Toutes les tentatives de médiation du gouvernement libyen pour mettre fin aux combats, ont échoué jusqu’ici. Les espoirs se tournent désormais vers le nouveau Parlement, issu des élections du 25 juin, qui pourrait imposer un arrêt des combats.

Mais des incertitudes planent déjà sur la capacité des élus à se réunir alors que Benghazi est le théâtre d’affrontements quasi-quotidiens.