Les Belges lésés peuvent encore se manifester

«C’est une très bonne nouvelle pour les actionnaires.» Pierre Nothomb, associé chez Deminor qui défend les intérêts de 5 500 actionnaires de Fortis, n’a pas encore eu le temps de lire «l’épais» jugement.

Mais l’homme est confiant, car l’arrêt du tribunal «montre une fois de plus que Fortis a diffusé une information trompeuse». Et Pierre Nothomb se veut d’autant plus confiant qu’il s’agit du « septième ou huitième avis des autorités de contrôle, cours ou tribunaux qui va dans cette direction-là.»

Certes, Ageas (ex-Fortis) peut décider d’aller en appel. Mais l’autorité suprême des Pays-Bas, le «Hoge Raad», a déjà rendu un avis allant dans le sens de celui rendu hier. Il y a peu de chances que les magistrats «se déjugent », estime l’expert.

Si l’avocat Laurent Arnauts, qui représente 1 300 actionnaires, réclame de son côté 9€ par action Fortis (90€ par action Ageas aujourd’hui), Pierre Nothomb ne souhaite pas s’avancer sur un montant précis. «Chacun des avocats a une certaine attente d’indemnisation. Mais à l’heure actuelle, il n’y a pas de chiffres qui sont sortis, sauf des chiffres tout à fait folkloriques.»

La cour d’Amsterdam n’a pas encore «alloué de dommages et intérêts.» Elle le fera dans une phase ultérieure des débats. Par contre, Pierre Nothomb ne comprend pas «pourquoi Ageas n’avance pas maintenant vers une solution d’arrangement à l’amiable.» Plus elle attend, plus la note risque d’être corsée.

En attendant, les actionnaires de Fortis peuvent reprendre confiance. Y compris les Belges, même ceux qui n’ont pas cru en une éventuelle indemnisation.

Car pour Adriaan De Gier, avocat de Fortiseffect, qui a porté l’affaire en justice, les investisseurs qui étaient en possession d’intérêts chez Fortis entre la fin septembre 2008 et le début octobre 2008 peuvent encore se faire connaître.

Et ils ont d’autant plus intérêt à le faire que l’avocat n’entend pas en rester là. Il va assigner l’État néerlandais mais aussi les anciens responsables de Fortis, Jean-Paul Votron et Maurice Lippens, en justice. Et ce, afin de récupérer une partie des dommages qu’il estime à « plusieurs milliards d’euros.»