JUDICIAIRE

Mehdi Nemmouche restera muet

Me Courtoy (ci-dessus à droite) et Me Laquay ont indiqué que leur client restera muet.AFP

Arrivé hier à Bruxelles, le suspect n° 1 pour le quadruple assassinat au musée juif n’a répondu à aucune question des enquêteurs.

C’est hier midi que Mehdi Nemmouche, 29 ans, est arrivé dans les nouveaux locaux de la police fédérale, rue Royale, à Bruxelles. Comme attendu, les autorités judiciaires françaises n’ont pas tardé à le livrer, après le feu vert donné par la cour d’appel de Versailles, voici un mois. On se souvient aussi que son pourvoi en cassation contre cet arrêt n’avait pas été introduit dans les formes requises par la loi française. Cette extradition était donc imminente.

Mais le méga-suspect du massacre perpétré le 24 mai dernier au musée juif de Bruxelles – 4 morts – a fait encore monter la tension d’un cran, hier après-midi, en refusant systématiquement, et pendant deux heures, de répondre aux questions des enquêteurs. Ceux-ci en ont été réduits à acter des paragraphes blancs en guise de réponses à leurs très nombreuses questions.

Dès la fin de l’après-midi, L’Avenir avait appris que ce sont ses avocats, Mes Sébastien Courtoy et Henri Laquay, qui avaient donné cette consigne au militant djihadiste qui a combattu en Syrie. Et l’information s’est confirmée plus tard dans la soirée, lorsque les plaideurs sont exprimés très brièvement à la sortie de l’hôtel de police. Mes Courtoy et Laquay, que l’on voit souvent apparaître ensemble dans des dossiers de terrorisme, ces dernières années, ont en effet indiqué que leur client restera muet jusqu’à la mise à l’écart de certains enquêteurs, n’épargnant pas, au passage, des magistrats du parquet fédéral (sans citer de noms).

Le duo a en effet affirmé que des éléments de la brigade antiterroriste de Bruxelles organisaient systématiquement des fuites dans la presse et que, dans ce contexte, Nemmouche était privé d’un traitement et d’une procédure judiciaire équitable.

Bras de fer

Bref, aux yeux de ce redoutable tandem, il n’y aura aucune collaboration de Mehdi Nemmouche avec la justice belge, tant que ces agents accompliront des devoirs dans ce dossier.

Mes Laquay et Courtoy ont martelé hier encore qu’il était impossible d’assumer une défense digne de ce nom, si les déclarations de l’assassin présumé sont retranscrites mot pour mot dans la presse, dans les heures qui suivent chaque audition. En un mot comme en cent, la procédure judiciaire qui est désormais engagée sur notre territoire annonce un procès de rupture, dans un style que Jacques Vergès, surnommé l’avocat de la terreur, en France, ne renierait pas. Et, sur le terrain des incidents de procédure, Me Courtoy n’est pas malhabile non plus!