HOSPITALISATION

Jusqu’à 10 000 € / mois en psychiatrie

Jusqu’à 10 000 € / mois en psychiatrie

5% des patients sont soignés à l’hôpital durant plus d’un an; 2% d’entre eux y séjournent plus de 5 ans. Reporters / BSIP

Les longs séjours à l’hôpital psychiatrique, et le nombre élevé de lits, ont un coût bien plus important qu’en maison de soins ou habitat protégé.

C’est dans les services psychiatriques des hôpitaux généraux que les dépenses de santé à charge de la sécurité sociale sont les plus élevées: 10 339€ par mois et par patient en moyenne. Suivis en terme de coûts par les hôpitaux psychiatriques (4 718€). Dans les milieux extra-hospitaliers voués aux longs séjours, les charges sont sensiblement moins élevées: 3 108€ en maisons de soins psychiatriques et 1 671€ pour les habitats protégés. Les Mutualités libres publient ces montants et ce constat à travers l’analyse des hospitalisations de plus de 30 000 de ses affiliés (entre 2008 et 2012).

« Nous demandons une utilisation rationnelle des ressources. Pour que chaque patient puisse être pris en charge en répondant à ses besoins, tout en restant financièrement supportable pour la sécurité sociale , explique Ingrid Umbach, médecin expert auprès des Mutualités libres. C’est sûr que pour trouver une alternative à l’hôpital, il faut être créatif et investir en personnel.» Pour les Mutualités libres, les (trop) longs séjours hospitaliers et le nombre élevés de lits en psychiatrie mettent en évidence l’insuffisance d’alternatives à l’hospitalisation. On compte 144 lits pour 100 000 habitants, soit 44% de lits en plus que les pays voisins.

S’il est vrai que les hôpitaux veulent se débarrasser de leur étiquette «asilaire», personne ne veut de services vidés de leurs patients.

«On pourrait convertir certains de ces lits en soins ambulatoires, avec des équipes mobiles se rendant chez la personne. Des projets viennent de démarrer, il faut les pérenniser et les rendre durables», poursuit la doctoresse.

Riche d’une longue expérience, un infirmier en psychiatrie nous confie que pour une série de patients chroniques, cela se passe plutôt mal dans les habitats protégés ou les maisons de soins psychiatriques. Et qu’une série de personnes marginalisées ne sont pas capables de payer la quote-part (400 à 500€) pour vivre en petite communauté dans un cadre moins strict que l’hôpital.

Les hospitalisations psychiatriques représentent 8,7% des dépenses en soins de santé des Mutualités libres, alors qu’elles ne concernent que 1,3% de leurs affiliés. Selon les mêmes données administratives, les bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM), qui ont droit à une contribution plus importante de la mutualité dans le coût de leurs soins, sont plus nombreux en psychiatrie que dans la moyenne (80%).