LIGUE DES CHAMPIONS - 3e tour préliminaire aller

Le « Pana » a bien changé

Le « Pana » a bien changé

Panathinaïkos et Standard se sont croisés en huitième de finale de Ligue Europa en 2010. Il ne reste plus grand monde de ce match, aujourd’hui. REPORTERS

Le Panathinaikos d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui qu’affrontait le Standard en 2010. La crise est passée par là.

Mars 2010: Le Panathinaikos est éliminé de la Ligue Europa par le Standard, en huitième de finale, après avoir sorti l’AS Rome en seizième. Quelques semaines plus tard, l’équipe de Nikolaos Nioplias est sacrée championne de Grèce pour la vingtième fois de son histoire et soulève la Coupe nationale en prime. Le club athénien engage encore Jean-Alais Boumsong, Luis Garcia ou Sidney Govou l’été qui suit, mais c’est le début de la fin. Car le Pana vit au-dessus de ses moyens depuis un moment, ayant notamment offert de gros contrats longue durée à des Djibril Cissé, Gilberto Silva ou encore Sebastian Leto.

Après cela, plus de titre de champion ni de campagne européenne digne de ce nom. 2011 marque un tournant dans l’histoire du club athénien, qui voit d’ailleurs les Vardinogiannis, famille historique du «Pana», quitter la présidence. Alors qu’il avait transféré pour près de soixante millions d’euros en trois ans, le club est dans le rouge – il doit d’ailleurs toujours de l’argent à certains joueurs, dont l’international grec Karagounis. La saison 2012-2013 ressemble à un long chemin de croix: le Panathinaikos termine sixième et rate l’Europe pour la première fois en seize ans. Malgré tout, il a la possibilité de récupérer la place du club de Giannina, exclu par l’UEFA… mais se voit lui aussi être privé de Coupe d’Europe, pour cause de non-respect du fair-play financier.

L’ère Anastasiou

Les choses vont moins mal depuis un peu plus d’un an. La «Panathinaikos Alliance», qui réunit des supporters et des investisseurs, est mise en place pour rassembler des fonds et tenter de recouvrir un trou de 20 millions€. Les fans n’apportent pas autant d’argent qu’espéré, mais Giannis Alafouzos, également propriétaire d’une télévision grecque, prend les commandes et redresse la barre, petit à petit. Il place Yiannis Anastasiou à la tête de l’équipe et nomme un nouveau directeur sportif. L’approche change du tout au tout: place aux jeunes, encadrés par quelques joueurs plus expérimentés, mais qui n’ont rien de grands noms européens (le Suédois Berg, le Croate Petric, l’Espagnol Nano, le Néerlandais David Mendes da Silva, etc.).

Après un début de saison en demi-teinte, l’équipe de l’ancien Anderlechtois prend forme et réalise une fin d’exercice inattendue, battant notamment le champion et rival de l’Olympiakos 0-3. Anastasiou est élu entraîneur de l’année, et l’attaquant, Berg, meilleur joueur du championnat.

«Nous voici en préliminaire de Ligue des Champions après un long chemin, avec beaucoup de jeunes, et une autre philosophie qu’avant, expliquait Anastasiou, hier. J’espère qu’on va faire un pas en avant et réussir en C1.» Tout n’est pas devenu rose pour autant: l’équipe aborde ce premier match officiel de la saison sans réelle expérience collective à ce niveau. Et, même si le Pana n’était pas tête de série, il n’arrive pas à Liège sans pression. Le club a besoin d’une victoire pour remplir les caisses.