Ave, César

Andy Serkis endosse à nouveau les traits de César grâce à une motion capture désormais à maturité.

Ce que ça raconte

Dix ans après qu’il se soit émancipé, et pris la fuite avec ses congénères, César est devenu le leader charismatique du royaume des singes, qu’il a bâti de toutes pièces dans une certaine harmonie. Ils vivent désormais loin des hommes, dont ils n’ont d’ailleurs plus de nouvelles: il faut dire que l’humanité, à force de jouer avec le feu (en l’occurrence, les vaccins), a été décimée par un terrible virus. Si bien que c’est dans les ruines de San Francisco que survit, plus mal que bien, ce qui semble être la dernière communauté humaine encore vivante. Les retrouvailles entre les deux «espèces» vont être explosives…

Ce qu’on en pense

Trois ans qu’on attendait la suite. Et on n’est pas déçu. Sans être le chef-d’œuvre décrit par une partie de la presse internationale, L’affrontement s’impose probablement comme le blockbuster de l’été, même si la concurrence, avec Transformers en tête de gondole, n’a pas de quoi faire trembler. L’intérêt ne se situe pas vraiment au niveau de l’intrigue: le duel entre les survivants humains et les singes apparaît vite inéluctable, et prend finalement des allures de guerre en bonne et due forme. En creux surgit également une réflexion qui veut que le singe ne soit, finalement, pas plus «bon» que l’homme. En clair: le mal serait en chacun de nous, que l’on soit imberbe ou velu. Efficace, mais un peu jésuite. Non, ce qui fait le charme, et la redoutable efficience du film de Matt Reeves (qui a succédé à Rupert Wyatt), c’est sa dimension technique. Andy Serkis rempile et confère à César une troublante humanité grâce à cette motion capture dont il est devenu le spécialiste hollywoodien. Et qui prouve, lors des scènes les plus épiques (les combats, quoi), qu’elle arrive enfin à maturité. Côté humain, Jason Clarke a pris le relais dans le rôle du «brave-gars-qui-veut-vivre-en-paix», Gary Oldman celui du scientifique maudit et Keri Russel celui du pot de fleurs.

Science-fiction de Matt Reeves. Avec Andy Serkis, Jason Clarke, Gary Oldman et Keri Russell. Durée: 2h11.