MAPS TO THE STARS

Étoiles filantes, toiles brûlantes

Étoiles filantes, toiles brûlantes

Ce que ça raconte

Soleil de plomb et villas luxueuses: bienvenue à Hollywood, le Paradis pour certains, l’Enfer pour d’autres. Promenant sa caméra dans la ville du cinéma, Cronenberg dresse un portrait au vitriol des habitants qui la peuplent. D’un côté, les stars: Havana l’actrice fanée, Stafford le pseudo-thérapeute, ou son fils Benjie, qui a connu la désintox avant la puberté. De l’autre, ceux qui voudraient en être: Jérôme le chauffeur qui espère percer, et surtout Agatha, une jeune fille portant des cicatrices mystérieuses sur les bras. Ici comme ailleurs, toutes ces étoiles cherchent à briller; mais à Hollywood, les jolies choses finissent souvent par brûler.

Ce qu’on en pense

Deux ans après l’anxiogène Cosmopolis, le cinéaste canadien revient avec un film qui laisse un goût d’opus mineur en bouche. Pourtant le scénario signé Bruce Wagner (connu pour sa vision acerbe de l’industrie hollywoodienne) ne manque pas de scènes crispantes comme il faut où l’humour noir fait grincer des dents et le ton nonchalant et froid de l’ensemble rappelle parfois le très bon Moins que Zéro de Brett Easton Ellis. Mais dès que le film délaisse la légèreté de la satire sociale premier degré pour entrer dans la métaphysique (à coups de récitations d’un poème d’Eluard), il perd en crédibilité et semble dévier inconsciemment vers une parodie de lui-même. Hollywood, ville du péché? Rien de neuf sous le soleil.

Drame de David Cronenberg. Avec Mia Wasikowska, John Cusack, Julianne Moore. Durée: 1h51